L’AMOUR

De l’Amour nous sommes issus. Selon l’Amour nous sommes faits. Vers l’Amour nous tendons.  A l’Amour nous nous adonnons. Ibn Arabi

L’Amour a soif. L’Amour a faim. L’Amour est en manque de nos cœurs à remplir: anissa AIT

chutes

 

Le cantique des oiseaux

Si tu ouvrais enfin les yeux de l’invisible
Les atomes de l’univers te diraient leurs secrets
Mais si l’oeil que tu ouvres est l’oeil de la raison
Tu ne pourras jamais voir l’amour tel qu’il est
Seule une âme éprouvée peut éprouver l’amour
Seul qui s’est libéré peut entrer dans l’amour
Toi qui n’est pas amant, qui n’as rien éprouvé
Tu n’es qu’une âme morte, indigne de l’amour !
Dans ce chemin il faut un cœur mille fois vivant
Qui puisse à chaque instant faire don de cent vies !
La vallée de l’Amour, Farîdu ‘ddîn Attâr

« L’Amour est l’eau de la vie.  Un être aimé est une âme en feu ! L’univers tourne différemment quand le feu aime l’eau. »  Rûmi

Il a vu l’éclair au Levant et s’est épris de l’orient
S’il avait lui au Couchant, son cœur eût élu l’occident.
Car mon amour s’attache à ce flamboiement-là
Aux lieux et aux terres, il ne s’attache guère. Ibn ‘Arabi

L’amour n’a point d’âge: il est toujours naissant. Blaise Pascal (1623-1662)

Souviens-toi. Jamais une seule main n’a réussi à applaudir. Et tu dis que tu m’aimes. Mais si tu aimes, c’est qu’on t’aime. Si tu désires le Paradis, c’est que le Paradis te désire. Tu ne me chercherais pas, si je ne t’avais pas cherché. Je suis ta propre âme, ton propre cœur. Pourquoi restes-tu frappé de stupeur ? Ce que tu cherches, c’est toi-même. Ton véritable être et ton être le plus profond, c’est moi. Je suis toi puisque tu es moi. Si tu te souviens de moi, Je me souviendrais de toi… L’Amour est venu. Il est comme le sang dans mes veines et dans ma peau. Il m’a anéanti et rempli du Bien-Aimé. Le Bien-Aimé a pénétré toutes les parcelles de mon corps. De moi il ne reste qu’un nom. Tout le reste est Lui.             Djalâlu’ddine Rûmî

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L’amour

Ne cherchez pas la vérité, cherchez d’abord à vous purifier. Quand l’amour habite le cœur, plus rien ne paraît difficile et tout ce qui nous arrive nous est profitable. Grâce à l’amour, le voile qui nous sépare de la Réalité devient de plus en plus ténu, Cette proximité nous plonge dans une joie profonde et on est envahi par la perception de la beauté. Si Hamza Al Quadiri (sage soufi)

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Le-pouvoir-de-la-priere

Aime-Moi, tel que tu es.

Je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme ; la faiblesse et les infirmités de ton corps ; je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances ; je te dis quand même : « Donne-Moi ton cœur, aime-Moi comme tu es. » Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour, tu ne m’aimeras jamais. Même si tu retombes souvent, dans ces fautes que tu voudrais ne jamais connaître, même si tu es lâche dans la pratique de la vertu, je ne te permets pas de ne pas M’aimer. lumiereAime-Moi comme tu es. A chaque instant et dans quelque position que tu te trouves, dans la ferveur ou dans la sécheresse, dans la fidélité ou dans l’infidélité. Aime-Moi tel tu es. Je veux l’amour de ton cœur indigent ; si pour m’aimer tu attends d’être parfait, tu ne m’aimeras jamais. Ne pourrais-je pas faire de chaque grain de sable un séraphin tout radieux de pureté, de noblesse et d’amour ? Ne pourrais-je pas, d’un seul signe de ma volonté faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j’ai créés ? Ne suis-je pas le Tout-Puissant ? Et s’il me plaît de laisser à jamais dans le néant ces êtres merveilleux et de leur préférer ton pauvre amour ! Mon enfant, laisse-moi t’aimer, je veux ton cœur. Je compte bien te former mais en attendant, je t’aime comme tu es. Et je souhaite que tu fasses de même : je désire voir, du fond de ta misère, monter l’amour. J’aime en toi jusqu’à ta faiblesse. J’aime l’amour des pauvres ; je veux que, de l’indigence, s’élève continuellement ce cri : Seigneur, je vous aime. C’est le chant de ton cœur qui m’importe. marcher_vers_la_foiQu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ? Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’y mêlerait : ne t’inquiète pas de cela. J’aurais pu te destiner à de grandes choses : Non, tu seras le serviteur inutile, je te prendrai même le peu que tu as, car je t’ai créé pour l’amour. Aime!  L’amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses ; ne cherche qu’à remplir le moment présent de ton amour. Aujourd’hui je me tiens à la porte de ton cœur comme un mendiant, Moi, le Seigneur des seigneurs. Je frappe et j’attends, hâte-toi de m’ouvrir, n’allègue pas ta misère. Ton indigence, si tu la connaissais pleinement, tu mourrais de douleur. Cela seul qui pourrait me blesser le cœur, ce serait de te voir douter et manquer de confiance. jibraJe veux que tu penses à moi à chaque heure du jour et de la nuit, je ne veux pas que tu poses l’action la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour. Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force ; tu m’as donné l’amour, je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver. Mais souviens-toi : « Aime-Moi, tel que tu es. » N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’Amour, sinon tu n’aimeras jamais. Texte magnifique attribué à Saint Augustin

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« L’amour est un océan infini,
Dont les cieux ne sont qu’un flocon d’écume
Sache que ce sont les vagues de l’amour,
Qui font tourner la roue des cieux
Sans amour le monde serait inanimé.
Chaque atome est épris de cette perfection
Et se hâte vers elle.
A chaque instant retentit de tous côtés l’appel de l’amour.
Si ce n’avait été par pur amour
Comment aurais-je donné aux cieux l’existence ?
J’ai élevé cette sublime sphère céleste
Afin que tu puisses comprendre la sublimité de l’amour. » Rûmî, poète musulman soufi

Coeur de bois

 

L’urgence d’aimer

Voici mon extraordinaire expérience : en 1993, après 22 ans passés dans les bidonvilles du Caire où la joie de vivre court de cabane en cabane, je rentre en France. maroc-enfant-sourire-resizeChoc terrible : la morosité court de demeure en demeure, on ne se regarde pas, on ne se parle pas, on ne se connaît pas. Pendant ce temps, la joie chante là où l’on vit sans eau, sans électricité, sans loisirs, mais dans la fraternité quotidienne. Bonheur, où loges-tu? Dans l’abondance des biens ou dans la relation, la fraîcheur du cœur à cœur? Sœur Emmanuelle, Claire Vision19_egypte_rosanna_narducci_2013_oasis_voyages_voyage_initiatique_spirituel_chamanique

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« Mon amour peut être immense. L’intérieur en moi fleurit sur tous les plans et cet amour ne cesse de se fortifier et de grandir. J’apprends aussi à mieux le porter, au lieu de me laisser écraser sous son poids. » Etty Hillesum

trèfle

La maladie d’amour

« La maladie d’amour est une souffrance à part

L’amour est l’astrolabe des secrets divins

Qu’il vienne de ce côté ou de l’autre côté

À la fin, aux secrets, il saura nous guider

Quoi que je dise pour définir l’amour

J’ai honte de parler, quand j’arrive à l’amour.

Bien que le langage éclaire les idées

L’amour, sans parole, a bien plus de clarté

La plume se hâtait pour écrire et parler

Arrivée à l’amour, en deux, elle s’est brisée.

Djalâlu’ddîne Rûmî

oiseaucoeur

L’univers, c’est un livre, et des yeux qui le lisent.                                        Ceux qui sont dans la nuit ont raison quand ils disent :
Rien n’existe ! Car c’est dans un rêve qu’ils sont.                                               Rien n’existe que lui, le flamboiement profond,
Et les âmes, les grains de lumière, les mythes,
Les moi mystérieux, atomes sans limites,
Qui vont vers le grand moi, leur centre et leur aimant ;
Points touchant au zénith par le rayonnement,
Ainsi qu’un vêtement subissant la matière,
Traversant tour à tour dans l’étendue entière
La formule de chair propre à chaque milieu,
Ici la sève, ici le sang, ici le feu ;
Blocs, arbres, griffes, dents, fronts pensants, auréoles ;
Retournant aux cercueils comme à des alvéoles ;
Mourant pour s’épurer, tombant pour s’élever,
Sans fin, ne se perdant que pour se retrouver,
Chaîne d’êtres qu’en haut l’échelle d’or réclame,
Vers l’éternel foyer volant de flamme en flamme,
Juste éclos du pervers, bon sorti du méchant,
Montant, montant, montant sans cesse, et le cherchant,
Et l’approchant toujours, mais sans jamais l’atteindre,
Lui, l’être qu’on ne peut toucher, ternir, éteindre,
Le voyant, le vivant, sans mort, sans nuit, sans mal,
L’idée énorme au fond de l’immense idéal !                                                           La matière n’est pas et l’âme seule existe.                                                               Rien n’est mort, rien n’est faux, rien n’est noir, rien n’est triste.
Personne n’est puni, personne n’est banni.
Tous les cercles qui sont dans le cercle infini
N’ont que de l’idéal dans leurs circonférences.                                                 Astres, mondes, soleils, étoiles, apparences,
Masques d’ombre ou de feu, faces des visions,
Globes, humanités, terres, créations,
Univers où jamais on ne voit rien qui dorme,
Points d’intersection du nombre et de la forme,
Chocs de l’éclair puissance et du rayon beauté,
Rencontres de la vie avec l’éternité,
Ô fumée, écoutez ! Et vous, écoutez, âmes,
Qui seules resterez étant souffles et flammes,
Esprits purs qui mourez et naissez tour à tour :
Dieu n’a qu’un front : Lumière ! et n’a qu’un nom : Amour !

Victor Hugo, recueil : Dieu.

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