Hommage à notre mère La Terre, Gaïa

Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière
empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement
vous vous apercevrez que l’argent ne se mange pas. »
Prophétie d’un Amérindien Cree

terrecoeur

Pour qu’un écologiste soit élu président, il faudrait que les arbres votent. Coluche

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Planète Amazone

BERNARD LAVILLIERS APPELLE À S'ALLIER AU CHEF RAONI ET AUX GAR…

DE RETOUR D'AMAZONIE, LE CHANTEUR BERNARD LAVILLIERS APPELLE À S'ALLIER AUX GARDIENS DE LA TERRE ET SE MOBILISER POUR LES GÉNÉRATIONS FUTURES : PARTAGEZ SVPParticiper : https://www.helloasso.com/associations/planete-amazone/collectes/les-gardiens-de-la-terreVidéo en soutien au crowdfunding 'Rejoignez les gardiens de la Terre' (du 21 juin au 31 juillet), avec la participation du Chef Raoni, Paul Watson, Nicolas Hulot, Planète Amazone et le soutien de Pierre Richard et Bernard Lavilliers. Ce film dévoile des images du voyage du célèbre chanteur sur la terre du Cacique Raoni, au cœur de l'Amazonie brésilienne, dans les coulisses de la préparation de l'Assemblée historique de l'Alliance des Gardiens de Mère Nature." Chères amies, chers amis,Le 21 juin, le Cacique Raoni, Nicolas Hulot, Paul Watson et Planète Amazone se sont associés pour lancer un appel au financement participatif pour le rassemblement historique, au coeur de l'Amazonie, de l'Alliance des Gardiens de Mère Nature, mouvement mondial pour les générations futures, constitué de chefs indigènes et de personnalités engagées venus de tous les continents. Un grand merci à Nicolas Hulot, Paul Watson, Pierre Richard, Bernard et Sophie Lavilliers et Lamya Essemlali, qui ont accepté sans réserve ni hésitation d'appuyer cette campagne, nous apportant un précieux soutien. Un grand merci aussi aux bénévoles du mouvement citoyen Arrêtons l'Ecocide – End Ecocide on Earth, qui oeuvrent sans relâche pour faire reconnaître le crime d'écocide comme 5ème crime contre la paix.Ne nous arrêtons pas en si bon chemin !Depuis ce 21 juin 2016, la barre des 120 000 € a été franchie en trois semaines, sur un premier objectif de 150 000 € qui permettra la tenue de l'événement et une représentativité intercontinentale des participants. Ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Plus la somme que nous aurons collectée sera importante, plus nous pourrons convier de représentants indigènes et enrichir cette assemblée de la diversité extraordinaire que représente chacun de ces peuples. C'est une occasion unique, qui arrive à point nommé dans notre Histoire commune.Encore une fois bravo à vous tous pour cette impressionnante mobilisation. Ne lâchez rien jusqu'à la fin de l'appel (31 juillet), nous comptons sur vous pour appeler vos connaissances à soutenir également. Comme le dit l'acteur Pierre Richard dans notre vidéo (vue par plus de 1,5 millions de personnes sur Facebook), au fond, ce don que vous faites à l'Alliance des Gardiens de Mère Nature, c'est un don que vous faites à vous-même, puisqu'il s'agit de défendre les générations futures et le monde que nous devons leur laisser. "Gert-Peter Bruchfondateur de Planète Amazone. UN DON POUR EUX ? UN DON POUR NOUS TOUS !Chacun peut participer à son niveau, soit en apportant sa contribution au financement du projet, soit en aidant à sa promotion (si vous connaissez des personnalités qui pourrait s'associer à la campagne ou des journalistes), soit tout simplement en partageant cette publication auprès de tous vos amis et en faisant passer le message. Crédits du film:Images, montage et réalisation : Gert-Peter Bruch – Images additionnelles : Gérard Moss (Rio Voadores), Patrick Rouxel (Alma); Sea Shepherd – Musiques : Ed Rig (Edouard Rigaudière) et Anthony D'amario / Film Composer.Merci à tous, vous faites du succès de cet appel un grand espoir pour l'avenir ! – Planète Amazone#Raoni #BernardLavilliers #Amazonie #Gardiens #espoir #PlaneteAmazone #IamGuaraniKaiowa #EndEcocideOnEarth

Posted by Planète Amazone on Saturday, July 16, 2016

 

La prière de la forêt
Homme!
Je suis la chaleur de ton foyer par les nuits froides d’hiver, foret2
L’ombrage ami lorsque brûle le soleil d’été.
Je suis la charpente de ta maison, la planche de ta table.
Je suis le lit dans lequel tu dors et le bois dont tu fais tes navires.
Je suis le manche de ta houe et la porte de ton enclos.
Je suis le bois de ton berceau et de ton cercueil.
Je suis le pain de la bonté, la fleur de la beauté,
Écoute ma prière, ne me détruis pas.
(Texte relevé sur la porte du pavillon yougoslave du bois à l’exposition internationale de 1937)

Il est urgent d’agir:

indexPourquoi les abeilles disparaissent. voici un document très riche et intéressant: http://actions.pollinis.org/actions/stop-neonics-fr/

 

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La terre se meurt:    https://www.youtube.com/watch?v=DPczv2Oh6Mo

«Tu es invité sur cette terre, et en tant que tel, tu dois en la quittant, la laisser dans l’état où tu l’as trouvée ou en meilleur état encore. Tu dois veiller sur toutes les formes de vie qui ne peuvent pas s’exprimer ou se prendre en charge et sont démunies. Tu es responsable des promesses que tu as faites, des engagements que tu as pris et des conséquences de tes actes.» sagesse aborigène

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« Que les humains modifient leur opinion sur la nature et ils modifieront leur destinée ! S’ils pensent qu’elle est vivante et intelligente, que les pierres, les plantes, les animaux, les étoiles sont vivants et intelligents, eux-mêmes deviendront plus vivants et plus intelligents. La nature est le corps du Créateur. C’est pourquoi ils doivent non seulement se montrer attentifs, respectueux envers elle, mais l’approcher avec un sentiment sacré. En réalité, quelle que soit la façon dont les humains se conduisent, pour la nature cela ne change pas grand-chose : toutes les agressions qu’ils lui font subir ne sont que de petites pertes, de petites entailles dans cet immense corps dont on ne connaît même pas les limites ; mais c’est eux qui se détruiront d’abord. Quant à elle, une fois débarrassée de ces insensés, elle reprendra le dessus : elle a des ressources, la nature ! C’est donc pour les conséquences que leur attitude aura sur eux-mêmes que les humains doivent se montrer respectueux vis-à-vis des animaux, des plantes, des pierres. Leur conscience s’approfondira et ils s’enrichiront de toute cette vie qui respire et vibre autour d’eux. Pensez à toutes les entités qui peuplent l’univers depuis les profondeurs de la terre jusqu’aux étoiles, et efforcez-vous de communier chaque jour avec elles. Cette communion ne peut se faire que par l’amour. Si vous aimez la nature, vous l’entendrez parler en vous, vivre en vous, car vous êtes, vous aussi, une partie de la nature. » Omraam Mikhaël Aïvanhovdyn002_original_222_294_pjpeg_2597444_87e1b7db4e8804c4eb29222a10a674a0Quand nous piétinons les droits de la Tribu Awa…

Monique MURGA, 19 juin 2014Awa-gwaja-1j2333-7e832

La tribu Awa est la dernière tribu de chasseurs cueilleurs nomades de l’Amazonie. Ils ne sont plus qu’environ 350, mais le lien à leur forêt est indéfectible et ils veulent y rester en vivant selon leurs traditions. Leurs terres sont situées dans l’État du Maranhão, au nord du Brésil. En 25 ans, ils ont vu leur territoire diminuer de 30%, dévasté par l’exploitation illégale du bois, alors qu’il est officiellement protégé par la Constitution brésilienne. Ils sont encerclés par des scieries clandestines, qui détruisent la forêt et exploitent illégalement le bois volé sur leurs terres. L’exploitation illégale du bois est très importante, non seulement au Brésil, mais dans le monde entier ; elle rapporterait 15 milliards de dollars par an. Suite à l’abattage clandestin, le bois est sorti discrètement des territoires indigènes. Puis il est « blanchi  » par de faux papiers qui lui assurent une origine légale, avec l’aide de fonctionnaires et de politiciens corrompus, et il part vers l’exportation. Après l’exploitation du bois, on met le feu et les cultivateurs de soja ou les éleveurs arrivent ensuite pour défricher et mettre en culture ou en élevage extensif. La présence des Awa gêne les multinationales du bois, d’autant plus qu’ils ont décidé de lutter pour conserver leurs terres et leur mode de vie. Les trafiquants de bois sont armés et emploient la violence pour arriver à leur but : la maîtrise du sol. En 2012, plus de 1200 membres des tribus indigènes du Brésil ont été victimes d’agressions physiques, de violences sexuelles, de tentatives d’homicides. 60 indigènes ont été assassinés par des tueurs à gages. Entre 1971 et 2002, 1280 militants, avocats, paysans, leaders syndicaux ou religieux ont été assassinés parce qu’ils s’opposaient à la déforestation, notamment Chico Mendes, en 1988, Soeur Dorothy, en 2005 et Zé Claudio dans l’Etat du Parà en 2011. L’organisation Survival et l’ONG brésilienne CIMI ont lancé en 2012 une campagne internationale, relayée par de nombreuses célébrités, pour alerter sur les dangers que courent les Awa, relayée par de nombreuses célébrités. La Commission interaméricaine des droits de l’homme a exigé une action du Brésil. Grâce à cette campagne, le ministre de la Justice du Brésil s’est engagé à agir pour rendre la terre aux indigènes et un plan d’expulsion a commencé au mois de février 2014 : 427 avis d’expulsion ont été émis, mettant en demeure les occupants illégaux de quitter le territoire. Les autorités réussiront-elles à obtenir une application stricte de la loi ? L’opinion publique doit demeurer vigilante pour que les installations illégales ne reviennent pas une fois les projecteurs de l’actualité éteints. Mais cela ne suffira pas pour stopper le trafic de bois. L’impunité judiciaire dont jouissent les trafiquants de bois est importante : à Belém, toutes les campagnes électorales sont financées par les compagnies d’exploitation forestière. 60 à 80 % du bois au Brésil est exporté illégalement, dénonce Greenpeace. Plus de 50% du bois amazonien exporté arrive en Europe et la France est le plus gros importateur. Du bois illégal, blanchi au Brésil, rentre donc en toute impunité en France. Cinq grandes compagnies forestières sont impliquées dans des activités illégales dans l’Etat du Pará : exploitations dans des zones illégalement occupées, coupe dans les zones distribuées par l’INCRA, l’institut de réforme agraire, accaparement illégal de terres publiques, blanchiment, transport et stockage illégaux de bois. Elles sont l’objet de poursuites judiciaires mais les amendes auxquelles elles sont condamnées ne les dissuadent pas, quand elles les paient ! De très nombreuses grandes entreprises françaises achètent du bois tropical brésilien : Lapeyre, Leroy-Merlin, Castorama, Bricodépôt, etc. Beaucoup de nos parquets et nos terrasses sont fabriqués avec les essences de bois exotique du Brésil, comme l’ipê ou le massaranduba. Plusieurs sociétés font état de la difficulté à retracer exactement l’origine du bois qu’elles achètent. Greenpeace a démontré que des importateurs et distributeurs français achètent du bois à des compagnies qui ont été condamnées à plusieurs reprises pour crimes. Depuis mars 2012, un règlement européen impose à tout importateur de justifier la provenance de sa marchandise, mais certains, comme l’ONG Global Witness considère que l’Europe reste une « passoire  ».  Il incombe aux citoyens français d’exiger de leurs fournisseurs de bois exotique les preuves et certificats d’importation légale et de respect d’une exploitation durable de la forêt… et à notre gouvernement d’appliquer avec la plus grande rigueur les contrôles règlementaires à l’importation. Source : Cet article a été publié dans le numéro 118 du FAL MAG, avec l’aimable autorisation de Renata Molina (rédactrice en chef). in http://www.michelcollon.info/Quand-nous-pietinons-les-droits-de.html?lang=fr

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« Ne gaspillez pas l’eau même si vous êtes au bord d’une rivière. »Prophète Mohammad, ou Mahomet

leaumLes merveilles de l’eau

Jean-Jacques Dubost est ingénieur,architecte, physicien et biologiste. Il poursuit toujours ses recherches  sur l’eau et ses merveilles, avançant sur les traces de Marcel Violet il a mis au point et commercialise un appareil qui purifie, reminéralise et  biodynamise  l’eau du robinet, en produisant des oligoéléments biocompatibles. Jean-JacquesJean-Jacques est l’un des rares spécialistes par excellence de l’eau. Écoutez cet érudit en parler. Il revisite certaines « certitudes » et les corrige en apportant des informations nouvelles:  http://www.youtube.com/watch?v=C-ODgC2MUPk:

Contact: émail:globalesante@numericable.fr,  Tél:06.68.77.32.16 

 

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Que cette image fasse le tour du monde!

 Pendant que les magazines et les chaines de télévision parlent de la vie des célébrités,270131_4308739634781_2940781_n le Chef de la Tribu des Kayapo a reçu la pire nouvelle de sa vie :  Dilma, la présidente du Brésil, a donné son approbation pour la construction d’une énorme centrale hydroélectrique (la 3ème plus grande au monde). C’est la sentence de mort pour tous les peuples vivant près du fleuve, car le barrage inondera environ 400 000 hectares de forêt. Plus de 40 000 Indiens devront trouver de nouveaux endroits où vivre. La destruction de l’habitat naturel, la déforestation et la disparition de plusieurs espèces sont des faits ! Nous savons qu’une image vaut mille mots, et montre le véritable prix à payer pour la « qualité de vie » de nos modes de vie dits « modernes ». Il n’y a plus dans notre monde de place pour ceux qui vivent différemment, que tout doit être aplani, que chacun, au nom de la mondialisation, doit perdre son identité, sa façon de vivre. Je vous en prie si cela vous indigne, transférez ce message et faites-le parvenir à tous ceux que vous connaissez. Merci pour la vie et la bio diversité.

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Empruntons le chemin du cœur:

https://www.youtube.com/watch?v=W0n6V8Jwkfs

 

 

SOUTENIR Emmanuel Giboulot:

Un viticulteur refuse de traiter ses vignes par épandage de pesticides. Si vous vous sentez concernés par le respect de la terre, des abeilles et de la création en général…Fiches_22112012_1117_764

http://ipsn.eu/petition/viticulteur.php/emvid

 

 

 

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 Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. Antoine de Saint-Exupéryarton163Si, par amour des bois, un homme s’y promène pendant la moitié de la journée, il risque fort de passer pour un fainéant. Si, au contraire, il emploie toutes ses journées à spéculer, à raser les bois et à rendre la terre chauve avant son heure, on le tiendra en haute estime, on verra en lui un homme industrieux et entreprenant. Est-ce donc qu’une ville ne porte d’intérêt à ses forêts que pour les faire abattre ?  H. D Thoreau

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Discours du Chef Seattle
Ce discours a été prononcé en 1854 par Seattle (v. 1786-1866), chef des tribus Duwamish et Suquamish, devant le gouverneur Isaac Stevens. (Il s’agit de la traduction française de la version anachronique de Ted Perry.

« Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L’idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ? Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte sont sacrés dans le souvenir et l’expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’homme rouge. Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l’homme, tous appartiennent à la même famille. Aussi lorsque le Grand chef à Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérons donc, votre offre d’acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.
Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l’eau claire des lacs parle d’événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père. f609589f
Les rivières sont nos sœurs, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës, et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos sœurs et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour une sœur et un frère. Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.
Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas. L’Indien préfère le son doux du vent s’élançant au-dessus de la face d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon. caroselli-m-bison-blancL’air est précieux à l’homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle. La bête, l’arbre, l’homme. Ils partagent tous le même souffle.
L’homme blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est précieux, que l’air partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l’homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés. Nous considérerons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidons de l’accepter, j’y mettrai une condition : l’homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères. Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autre façon de vivre. J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister. Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent. indiennes-bisons
Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants qu’elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes. Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même. Même l’homme blanc, dont le dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. Il y a une chose que nous savons, et que l’homme blanc découvrira peut-être un jour, c’est que notre dieu est le même dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas. Il est le dieu de l’homme, et sa pitié est égale pour l’homme rouge et le blanc. Cette terre lui est précieuse, et nuire à la terre, c’est accabler de mépris son créateur. Les Blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.854

Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force du dieu qui vous a amenés jusqu’à cette terre et qui pour quelque dessein particulier vous a fait dominer cette terre et l’homme rouge. Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d’hommes, et la vue des collines en pleines fleurs ternie par des fils qui parlent. Où est le hallier ? Disparu. Où est l’aigle ? Disparu. La fin de la vie, le début de la survivance. » Chef Seattle, 1854

 

 

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Si tu coupes un arbre, n’importe quel arbre, cela te blessera, et tu peux en tomber malade. Lorsque l’arbre disparaît, les animaux disparaissent aussi. Et le pays change. Touche à rien. Demande d’abord! C’est ça, la Loi. Jackie Friday kuku Yalandji

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Des songes heureux pour ensemencer les siècles…
Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants.
Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la Création.
Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière.
Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude.
Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don.
Sachez établir la mesure de toute chose.
Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessité ou par divertissement.
Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que la terre.
Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers et lorsque la nuit vous rassemble, ayez confiance en elle, car si vous n’avez ni haine ni ennemi, elle vous conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore.
Que le temps et l’âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d’autres naissances, et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux songes heureux, pour ensemencer les siècles. Pierre Rabhi, Extrait du Recours à la Terre, Terre du ciel, 1995

 

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CONFLIT de GÉNÉRATIONS
La vengeance des vieux !
A la caisse d’un supermarché, une vieille dame choisit un sac en plastique pour ranger ses achats. La caissière lui reproche de ne pas se
mettre à l’écologie et lui dit: – Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique. Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources ! La vieille femme s’excuse auprès de la caissière et explique : – Je suis désolée, il n’y avait pas de mouvement écologiste de mon temps. Alors qu’elle quitte la caisse, la mine déconfite, la caissière ajoute : Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à nos
dépens. C’est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l’environnement dans votre temps !
Alors, un peu énervée, la vieille dame fait observer qu’à l’époque on retournait les bouteilles de verre consignées au magasin. Le magasin les renvoyait à l’usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau : Les bouteilles étaient recyclées,  mais on ne connaissait pas le mouvement écologique. Elle ajoute : De mon temps, on montait l’escalier à pied : on n’avait pas d’escaliers roulants et peu d’ascenseurs. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu’il fallait se déplacer de deux rues : On marchait jusqu’à l’épicerie du coin. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste. On ne connaissait pas les couches jetables : On lavait les couches des bébés. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde. On avait un réveil qu’on remontait le soir. Dans la cuisine, on s’activait
pour préparer les repas ; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu’EDF en produit. Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boîtes ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique. On n’avait pas de
tondeuses à essence autopropulsées ou autoportées : On utilisait l’huile de coude pour tondre le gazon. On travaillait physiquement; on n’avait pas besoin d’aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l’électricité. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste. On buvait de l’eau à la fontaine quand on avait soif. On n’utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter. On remplissait les stylos dans une bouteille d’encre au lieu d’acheter un nouveau stylo. On remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir entier après quelques utilisations. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste. Les gens prenaient le bus, le métro, le train et les enfants se rendaient à l’école à vélo ou à pied au lieu d’utiliser la voiture familiale et
maman comme un service de taxi 24 H sur 24. Les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d’une année sur l’autre, les crayons de couleurs, gommes, taille- crayon et autres accessoires duraient tant qu’ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jetés fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rue. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique ! On n’avait qu’une prise de courant par pièce, et pas de bande multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d’aujourd’hui.  
ALORS VIENS PAS M’EMBÊTER AVEC TON MOUVEMENT ECOLOGISTE !

 

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Avec le reste de son premier coucher de soleil, Le Créateur a fait le flamant rose, l’aigle, avec un reste de tempête et la colombe avec un peu de paix qu’il avait ébauchée. Et c’est grand…paysage
Meilleur texte : le vent
Meilleur éclairage : le soleil
Meilleure musique : la mer
Meilleur auditoire : les étoiles
Meilleur parfum : les fleurs
Meilleur tranquillisant : la forêt
Félix Leclerc

 

 

 

La perception de l’infiniment petit est le secret de la clairvoyance. La protection de l’infiniment fragile et tendre est le secret de la force.   Lao-Tseu

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Un Chant Iroquois
Nous rendons grâce à notre mère la terre, qui nous soutient.
Nous rendons grâce aux rivières et aux ruisseaux qui nous donnent l’eau.
Nous rendons grâce à toutes les plantes qui nous donnent les remèdes contre nos maladies.
Nous rendons grâce au maïs et à ses sœurs les fèves et les courges, qui nous donnent la vie.
Nous rendons grâce aux haies et aux arbres qui nous donnent leurs fruits.
Nous rendons grâce au vent qui remue l’air et chasse les maladies.
Nous rendons grâce à la lune et aux étoiles qui nous ont donné leur clarté après le départ du Soleil.
Nous rendons grâce à notre grand-père Hé-no, pour avoir protégé ses petits-enfants des sorcières et des reptiles, et nous avoir donné sa pluie.
Nous rendons grâce au Soleil qui a regardé la terre d’un œil bienfaisant.
Enfin, nous rendons grâce au Seigneur en qui s’incarne toute bonté et qui mène toutes choses pour le bien de ses enfants…

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La Rivière Endormie

Dans son sommeil glissant l’eau se suscite un songe un chuchotis de joncs de roseaux d’herbes lentes et ne sait jamais bien dans son dormant mélange où le bougeant de l’eau cède au calme des plantes La rivière engourdie par l’odeur de la menthe dans les draps de son lit se retourne et se coule. Mêlant ses mortes eaux à sa chanson coulante elle est celle qu’elle est surprise d’être une autre. L’eau qui dort se réveille absente de son flot écarte de ses bras les lianes qui la lient déjouant la verdure et l’incessant complot qu’ourdissent dans son flux les algues alanguies.  Claude ROY

Aux arbres    

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme! e
Au gré des envieux, la foule loue et blâme;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le cœur d’amour. e
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel;
Toujours – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! –
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon cœur est encor tel que le fit ma mère! Victor Hugo

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Nous étions un peuple sans lois, mais nous étions en très bons termes avec Le Grand Esprit, créateur et maître de toute chose. Vous présumiez que nous étions des sauvages. Vous ne compreniez pas nos prières. Vous n’essayiez pas de les comprendre. Lorsque nous chantions nos louanges au soleil, à la lune ou au vent, vous nous traitiez d’idolâtres. Sans comprendre, vous nous avez condamnés comme des âmes perdues, simplement parce que notre religion était différente de la vôtre. Nous voyions la main du Grand Esprit dans presque tout : le soleil, la lune, les arbres, le vent et les montagnes, parfois nous l’approchions par leur intermédiaire. Etait-ce si mal? Je pense que nous croyons sincèrement en l’Etre suprême : d’une foi plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont traités de païens… Les indiens vivant près de la nature et du Maître de la nature ne vivent pas dans l’obscurité. Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant! Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez. L’ennui avec les Blancs, c’est qu’ils n’écoutent pas! Ils n’ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu’ils n’écouteront pas les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m’ont beaucoup appris : tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit. texte plein de sagesse et de beauté, écrit par un chef indien.

 

 

 

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Hymne à la terre
… Je te salue, ô Terre, ô Terre porte-grains,
Porte-or, porte-santé, porte-habits, porte-humains,
Porte-fruicts, porte-tours, alme, belle, immobile,
Patiente, diverse, odorante, fertile,
Vestue d’un manteau tout damassé de fleurs
Passementé de flots, bigarré de couleurs.
Je te salue, ô coeur, racine, baze ronde,
Pied du grand animal qu’on appelle le Monde,
Chaste espouse, du Ciel, asseuré fondement
Des estages divers d’un si grand bastiment.
Je te salue, ô soeur, mere, nourrice, hostesse
Du Roy des animaux. Tout, ô grande princesse,
Vit en faveur de toy. Tant de cieux tournoyans
Portent pour t’esclairer leurs astres flamboyans ;
Le feu pour t’eschauffer sur les flotantes nues
Tient ses pures ardeurs en arcade estendues ;
L’air pour te refreschir se plait d’estre secoux
Or’ d’un aspre Borée, or’ d’un Zephyre doux ;
L’eau, pour te destremper, de mers, fleuves, fonteines
Entrelasse ton corps tout ainsi que de veines. …
terre-entre-nos-mainsGuillaume de Salluste Du Bartas (1544-1590)

L’enseignement Des Hopis
Aux Temps Anciens, WAKA TANKA, le Grand Esprit, a réuni les quatre races de l’humanité.
– Aux hommes Blancs, il a donné le Feu à garder
– Aux hommes Jaunes, il a donné l’Air à garder
– Aux hommes Noirs, il a donné l’Eau
– Aux hommes Rouges, il a donné la Terre.  Aujourd’hui, qu’en ont-ils fait ?
– L’Homme Blanc a créé la lumière électrique, le laser mais aussi la bombe atomique
– L’Homme Jaune maîtrise les techniques de la respiration qui aident à la méditation, mais l’air est pollué et à Tokyo, on est obligé de porter des masques pour se protéger de la pollution. – L’Homme Noir, qu’a-t-il fait de l’eau pour en manquer autant en Afrique ? – Seul l’Homme Rouge a conservé au mieux qu’il a pu la Terre qu’il a reçu en garde. Quand l’Homme Blanc est arrivé sur les Terres Indiennes, il a demandé à l’Homme Rouge de lui acheter ses terres. Celui-ci lui ayant répondu: « Je ne peux te vendre la terre car elle ne m’appartient pas, je n’en suis que le Gardien. Nous ne sommes pas propriétaires de la Terre, nous en sommes les dépositaires pour nos enfants. » Alors, l’Homme Blanc a répondu: « Si elle ne t’appartient pas, alors je la prends. » La Terre porte en elle les quatre couleurs de la peau des Hommes, à certains endroits elle est rouge, à d’autres, blanche, noire ou jaune. Les océans séparent les continents, mais ils sont liés à la Terre en dessous de l’eau. Pourquoi les continents se déchirent-ils alors qu’ils font partie de la même Terre ? Tel est l’Enseignement des Anciens Megwesh, Plume d’Aigle Blanc

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 Le boomerang
Aux premiers jours du Temps des Rêves, les hommes devaient ramper sur leurs mains et leurs genoux
car le ciel touchait presque le sol. Un jour, un vieux chef s’approcha d’une mare d’eau magique
et se pencha pour boire. Alors qu’il se désaltérait, il vit un magnifique bâton tout droit dans l’eau.
De la main il l’atteignit et s’en empara. Et soudain il se mit à penser: « Avec ce bâton, je peux
repousser le ciel, et nous pourrons vivre debout ! » Alors il poussa et poussa le ciel jusqu’à l’endroit où il se trouve maintenant, et les arbres commencèrent à grandir, les opossums gambadèrent sur les branches et les kangourous se mirent à sauter de joie. Le vieux chef regarda son bâton et vit qu’il était terriblement courbé. Se disant qu’il ne servirait plus à rien, il le jeta au loin, mais le bâton revint vers lui. Il le jeta de nouveau et le bâton revint encore. Alors il le garda et le baptisa « boomerang ». (qui veut dire vent ou le bâton qui revient.)

Spectacle rassurant
 Tout est lumière, tout est joie,
L’araignée au pied diligent
Attache aux tulipes de soie 
Ses rondes dentelles d’argent. La frissonnante libellule 
Mire les globes de ses yeux
Dans l’étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux !  La rose semble, rajeunie,0fd44fd1
S’accoupler au bouton vermeil ;
L’oiseau chante plein d’harmonie 
Dans les rameaux pleins de soleil. Sa voix bénit le Dieu de l’âme 
Qui, toujours visible au coeur pur,
Fait l’aube, paupière de flamme, 
Pour le ciel, prunelle d’azur ! Sous les bois, où tout bruit s’émousse, 
Le faon craintif joue en rêvant ;
Dans les verts écrins de la mousse 
Luit le scarabée, or vivant. La lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent ;
Tendre, elle ouvre ses yeux d’opale 
D’où la douceur du ciel descend ! La giroflée avec l’abeille 
Folâtre en baisant le vieux mur ;
Le chaud sillon gaîment s’éveille, 
Remué par le germe obscur. Tout vit, et se pose avec grâce, 
Le rayon sur le seuil ouvert,
L’ombre qui fuit sur l’eau qui passe, 
Le ciel bleu sur le coteau vert !

La plaine brille, heureuse et pure ; 
Le bois jase ; l’herbe fleurit.
– Homme ! ne crains rien ! la nature 
Sait le grand secret, et sourit.  Victor Hugo (1802-1885)

 

Chant Du Djolibariviere-melee

Coule donc Djoliba, vénérable Niger, passe ton chemin et poursuis à travers le monde noir ta généreuse mission. Tant que tes flots limpides rouleront dans ce pays, les greniers ne seront jamais vides, et chaque soir, les chants fébriles s’élèveront au-dessus des villages pour égayer le peuple malinké. Tant que tu vivras et feras vivre nos vastes rizières, tant que tu fertiliseras nos champs et feras fleurir nos plaines, nos Anciens couchés sous I’arbre à palabres te béniront toujours. Coule et va plus loin que toi-même à travers le monde entier étancher la soif des inassouvis, rassasier les insatiables et dicter, sans mot dire comme d’habitude, à l’Humanité, que le bienfait désintéressé est le seul qui vaille, le seul qui, absolument, signifie. Fodeba KEITA

La Terre – Hymne
Elle est la terre, elle est la plaine, elle est le champ. 
Elle est chère à tous ceux qui sèment en marchant  ; 
Elle offre un lit de mousse au pâtre ;
Frileuse, elle se chauffe au soleil éternel, 
Rit, et fait cercle avec les planètes du ciel 
Comme des sœurs autour de l’âtre.Elle aime le rayon propice aux blés mouvants, 931730068_small
Et l’assainissement formidable des vents, 
Et les souffles, qui sont des lyres, 
Et l’éclair, front vivant qui, lorsqu’il brille et fuit, 
Tout ensemble épouvante et rassure la nuit 
A force d’effrayants sourires.Gloire à la terre ! Gloire à l’aube où Dieu paraît !
Au fourmillement d’yeux ouverts dans la forêt, 
Aux fleurs, aux nids que le jour dore ! 
Gloire au blanchissement nocturne des sommets ! 
Gloire au ciel bleu qui peut, sans s’épuiser jamais, 
Faire des dépenses d’aurore !La terre aime ce ciel tranquille, égal pour tous,ATT00001
Dont la sérénité ne dépend pas de nous,
Et qui mêle à nos vils désastres,
A nos deuils, aux éclats de rires effrontés,
A nos méchancetés, à nos rapidités,
La douceur profonde des astres.La terre est calme auprès de l’océan grondeur ;
La terre est belle ; elle a la divine pudeur
De se cacher sous les feuillages ;
Le printemps son amant vient en mai la baiser ;
Elle envoie au tonnerre altier pour l’apaiser
La fumée humble des villages.Ne frappe pas, tonnerre. Ils sont petits, ceux-ci.
La terre est bonne ; elle est grave et sévère aussi ;
Les roses sont pures comme elle ;
Quiconque pense, espère et travaille lui plaît ;
Et l’innocence offerte à tout homme est son lait,
Et la justice est sa mamelle.La terre cache l’or et montre les moissons ;523220_346935745390707_2125698958_n
Elle met dans le flanc des fuyantes saisons
Le germe des saisons prochaines,
Dans l’azur les oiseaux qui chuchotent : aimons !
Et les sources au fond de l’ombre, et sur les monts
L’immense tremblement des chênes.L’harmonie est son œuvre auguste sous les cieux ;
Elle ordonne aux roseaux de saluer, joyeux
Et satisfaits, l’arbre superbe ;
Car l’équilibre, c’est le bas aimant le haut ;
Pour que le cèdre altier soit dans son droit, il faut
Le consentement du brin d’herbe.Elle égalise tout dans la fosse ; et confond 
Avec les bouviers morts la poussière que font
Les Césars et les Alexandres ;
Elle envoie au ciel l’âme et garde l’animal ;
Elle ignore, en son vaste effacement du mal,
La différence de deux cendres.

Elle paie à chacun sa dette, au jour la nuit, 
A la nuit le jour, l’herbe aux rocs, aux fleurs le fruit ;
Elle nourrit ce qu’elle crée,
Et l’arbre est confiant quand l’homme est incertain ;
O confrontation qui fait honte au destin,
O grande nature sacrée !

Elle fut le berceau d’Adam et de Japhet, 
Et puis elle est leur tombe ; et c’est elle qui fait
Dans Tyr qu’aujourd’hui l’on ignore,
Dans Sparte et Rome en deuil, dans Memphis abattu,
Dans tous les lieux où l’homme a parlé, puis s’est tu,
Chanter la cigale sonore.

Pourquoi ? Pour consoler les sépulcres dormants. 
Pourquoi ? Parce qu’il faut faire aux écroulements
Succéder les apothéoses,
Aux voix qui disent Non les voix qui disent Oui,
Aux disparitions de l’homme évanoui
Le chant mystérieux des choses.

La terre a pour amis les moissonneurs ; le soir, 
Elle voudrait chasser du vaste horizon noir
L’âpre essaim des corbeaux voraces,
A l’heure où le bœuf las dit : Rentrons maintenant ;
Quand les bruns laboureurs s’en reviennent traînant
Les socs pareils à des cuirasses.

Elle enfante sans fin les fleurs qui durent peu ; 
Les fleurs ne font jamais de reproches à Dieu ; 
Des chastes lys, des vignes mûres, 
Des myrtes frissonnant au vent, jamais un cri 
Ne monte vers le ciel vénérable, attendri 
Par l’innocence des murmures.

Elle ouvre un livre obscur sous les rameaux épais ; 
Elle fait son possible, et prodigue la paix 
Au rocher, à l’arbre, à la plante, 
Pour nous éclairer, nous, fils de Cham et d’Hermès, 
Qui sommes condamnés à ne lire jamais 
Qu’à de la lumière tremblante.

Son but, c’est la naissance et ce n’est pas la mort ; 
C’est la bouche qui parle et non la dent qui mord ; 
Quand la guerre infâme se rue 
Creusant dans l’homme un vil sillon de sang baigné, 
Farouche, elle détourne un regard indigné 
De cette sinistre charrue.

Meurtrie, elle demande aux hommes : A quoi sert 
Le ravage ? Quel fruit produira le désert ? 
Pourquoi tuer la plaine verte ? 
Elle ne trouve pas utiles les méchants, 
Et pleure la beauté virginale des champs 
Déshonorés en pure perte.

La terre fut jadis Cérès, Alma Cérès, 
Mère aux yeux bleus des blés, des prés et des forêts ;
Et je l’entends qui dit encore : 
Fils, je suis Déméter, la déesse des dieux ; 
Et vous me bâtirez un temple radieux 
Sur la colline Callichore.

Victor Hugo

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