Économie

Il serait urgent que les hommes décident de s’aimer pour de bon. Théodore Monod

EconomieVerte1

Le premier des droits de l’homme est celui de manger à sa faim. Franklin Roosvelt

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L’énergie libre: Foster Gamble

Ce film est magnifique. Il est le fruit d’un grand courage fostergambleet d’une force d’amour illimitée. C’est un vaste et puissant travail de conscientisation. depuis la physique quantique et ses révélations sur les merveilles et la beauté du fonctionnement de l’univers jusqu’à cette poignée de personnes à la tête des plus grandes banques et des lobbies qui font de la terre entière une vaste prison… pourtant il y a toujours des êtres lumineux qui se lèvent et agissent pour le bien-être de tous et afin que la vie reprenne ses droits.

       https://www.youtube.com/watch?v=tiCXx18ks98

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L’austérité, un « nouveau colonialisme »pour le pape François
latribune.fr | 10/07/2015, 10301132_1432644
Lors d’un discours à Santa Cruz, en Bolivie, jeudi 9 juillet, le pape a demandé à ce que les pauvres aient accès au « droit sacré » d’avoir du travail, un logement et une propriété.(Crédits : DAVID MERCADO)Le pape François a dénoncé le pouvoir des institutions à l’origine des programmes d’austérité comme « un nouveau colonialisme« , et appelé à « un changement structurel » de l’économie mondiale.
« Un nouveau colonialisme »: voilà les mots utilisés par le pape François pour dénoncer les institutions qui imposent des programmes d’austérité aux pays en difficulté.
 » Aucun pouvoir établi n’a le droit de priver les populations du plein exercice de leur souveraineté. A chaque fois qu’ils le font, nous voyons la montée d’une nouvelle forme de capitalisme qui porte un sérieux préjudice à la paix et à la justice », a déclaré le pape.
« Le nouveau colonialisme a plusieurs visages », s’est-il inquiété: « Parfois, il a l’influence anonyme des veaux d’or que sont les entreprises, les organismes de crédit, certains traités de libre échange et l’imposition de mesures d’austérité qui obligent toujours les travailleurs et les pauvres à se serrer la ceinture. »
Ces propos font suite à un appel du pontificat qui a demandé la semaine dernière aux autorités européennes de rester dignes et humaines dans le débat pour résoudre la crise grecque.
La poursuite sans fin du profit est « le fumier du diable », a ajouté le Pape lors de son discours devant le deuxième rassemblement international des mouvements populaires, qui réunissait les organisations représentant les pauvres, les chômeurs et les paysans sans terre. Les pays pauvres ne devraient pas être réduits à des fournisseurs de matière brute et de main d’œuvre pour les pays développés, a-t-il renchéri, en appelant finalement les opprimés à changer l’ordre économique mondial.
« N’ayons pas peur de l’affirmer: nous voulons du changement, un véritable changement, un changement structurel », a-t-il martelé, décrivant un système qui  » a imposé la mentalité du profit à n’importe quel prix, sans se préoccuper de l’exclusion social ou de la destruction de la nature que cela entraîne ».(Avec Reuters)

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Un monde de plus en plus inégalitaire

Victor Hugo a un jour écrit : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ». Ce glaçant constat dressé il y a plus d’un siècle par l’auteur des Misérables est plus que jamais d’actualité. Pendant que de plus en plus de gens font face à la précarité, au chômage, à la pauvreté, à l’exclusion, l’élite mondiale des ultra-riches, elle, ne connaît pas la crise, mieux, elle en profite pour s’enrichir.la-prière-1

Un constat alarmant

L’organisation non gouvernementale (ONG) Oxfam a publié cette semaine un rapport sur l’état des inégalités dans le monde. Autant dire tout de suite que les riches ne se sont jamais aussi bien portés qu’aujourd’hui. Les chiffres ont de quoi donner le tournis. En effet, l’ONG prévoit qu’en 2016, les fameux 1% les plus riches posséderont plus de la moitié de la richesse mondiale. Les 99% restants devront se partager le reste du gâteau. Les 80 plus grosses fortunes de la planète détiennent ainsi autant de richesses que les 3,5 milliards des plus pauvres. Chaque adulte de cette élite possède personnellement plus de 2,7 millions de dollars. Des inégalités qui au fil des années ne cessent de se creuser. En 2010, les 1% détenaient 44% de la richesse mondiale contre 56% pour le reste. En 2020, on estime que la part de leur richesse atteindra 52,5%. Par ailleurs, selon une étude réalisée par la banque suisse UBS en partenariat avec le cabinet de recherche singapourien Wealth X, le nombre de milliardaires dans le monde s’élève en 2014 à 2.235, soit une augmentation de 7% par rapport à 2013. La crise économique de 2008 n’a en rien affecté l’élite mondiale, bien au contraire. Alors que des millions de personnes se retrouvaient sur le carreau du jour au lendemain, renvoyés de leur travail après de bons et loyaux services, pendant que des millions d’Européens, d’Etats-uniens sombraient brusquement dans la pauvreté et la précarité et que des pays du Sud subissaient des famines toujours plus dévastatrices, l’élite capitaliste mondiale faisait exploser ses comptes en banques. Cette énième crise du capitalisme a mis une nouvelle fois à nu ce système injuste et cruel. Et aucun pays de l’OCDE n’est épargné par cette dérive inégalitaire.  En France par exemple, tandis que les grands patrons et les actionnaires se goinfraient de dividendes, de stock options et de retraites chapeau, la masse de la population recevait et continue de recevoir les foudres de ce système basé sur l’hyper profit de quelques-uns et l’exploitation du plus grand nombre. Les statistiques sont là pour en témoigner. Alors que, dans toute son histoire, la France n’a jamais été aussi riche, on compte plus de 140.000 sans domicile fixe. Selon l’Insee, le taux de pauvreté était de 12,6% en 2004, il a grimpé à plus de 14% en 2012. De plus, ce sont plus de 3,5 millions d’individus qui bénéficient de l’aide alimentaire et 3,8 millions de personnes qui perçoivent les minimas sociaux. Et les riches dans tout ça ? Ne nous inquiétions surtout pas pour eux, ils vont très bien ! L’Europe est en récession mais par contre la croissance des milliardaires, elle, est affolante. En effet, selon le magazine Challenges ils étaient 55 en 2013. En 2014, ils étaient 12 de plus. Leur patrimoine lui aussi se porte bien. Ce dernier a augmenté de 15% en un an, atteignant ainsi les 390 milliards d’euros. Après, on vient nous raconter que l’État est ruiné et qu’il n’a plus d’argent pour assurer les services publics. Aux États-Unis, pays de l’argent-roi, le constat est encore plus inquiétant. 22%, c’est la part de la richesse nationale détenue par…0,1% de la population alors qu’en 1970, cette oligarchie en possédait « seulement » 7%. Les 75.000 individus les plus riches détiennent, tenez vous bien, 10.265 milliards de dollars soit plus de deux tiers du PIB du pays. Depuis quelques mois, tous les médias dominants encensent l’économie états-unienne qui affiche un taux de croissance de l’ordre de 3 à 4%. Mais croissance économique ne rime pas avec réduction des inégalités. Cette croissance est en effet accaparée par les plus riches. Par ailleurs, les classes laborieuses ne profitent pas des fruits de cette croissance. Le salaire moyen stagne, voire régresse, et atteint un niveau à peine plus élevé qu’en…1964. Le salaire minimum, lui, reste bloqué à un maigre 7,25 dollars de l’heure malgré les nombreuses protestations des salariés, notamment de chaînes de fast-food qui réclament des hausses de salaires.

Un problème éminemment structurel- L’Etat au service des riches

Après la seconde guerre mondiale, les États ont joué un rôle prépondérant dans la conduite de l’économie permettant aux puissances occidentales d’afficher des taux de croissance annuels avoisinant les 10%. L’État se posait alors en arbitre des conflits de classes entre le capital et le travail et veillait à que les inégalités n’explosent pas. Ces taux de croissance ont permis de développer des services publics performants dans le domaine de la santé, de l’éducation, des transports, de l’énergie. 5Néanmoins, malgré les avancées sociales dues notamment à l’important rapport de force qu’entretenaient les syndicats et les partis communistes avec les bourgeoisies nationales, les structures économiques, sociales, politiques et culturelles ne furent pas modifiées. La domination capitaliste s’étatisa. Voilà pourquoi on parle de « capitalisme d’État » pour définir cette période des « trente glorieuses ». Cependant, il ne faut pas oublier que la prospérité qu’ont connue les pays capitalistes occidentaux au lendemain de la seconde guerre mondiale s’est faite sur le dos des peuples du Sud. Colonialisme, impérialisme, pillage des ressources naturelles, imposition par le « Nord » de dettes « odieuses »…  La richesse des uns a provoqué la misère des autres, tout comme aujourd’hui. Puis tout a commencé à basculer avec le virage néolibéral initié aux États-Unis par Ronald Reagan et en Angleterre par Margaret Tchatcher, avant de se propager dans le reste du monde occidental et finalement dans toute la planète. Le néolibéralisme se caractérise par l’ouverture de nouveaux domaines à la loi du marché, par une financiarisation croissante de l’économie et surtout par un désengagement important de l’État dans sa participation à la gestion de l’économie. Ce désengagement est l’une des causes majeures de cette recrudescence des inégalités. Prenons quelques exemples très concrets : depuis maintenant près de 30 ans, une petite musique lancinante s’impose aux oreilles des citoyens européens. C’est la fameuse musique de la « dette ». « La dette explose ! », « L’État n’a plus les moyens » « Il faut dégraisser le mammouth », l’ « État est obèse ». Principaux dirigeants politiques, économistes, « experts », chroniqueurs, éditorialistes… Ils ont appris la chanson par cœur et la chantent à merveille. Alors, on nous répète à longueur de journée que l’ « État a trop dépensé » (pour les services publics), que l’ « État vit au-dessus de ses moyens » et qu’il faut donc baisser les dépenses sociales dans la santé, l’éducation, les allocations… Puis, on nous répète qu’il faut privatiser les entreprises appartenant à l’État et donner plus de marges aux entreprises, baisser l’impôt des plus riches…Bref, il faut libéraliser radicalement notre économie. Notons au passage que le mot « radical » n’est pas connoté de la même manière quand il s’agit de prôner un radicalisme de « gauche » ou un radicalisme de « droite ».  Dans le vocabulaire de la noble pensée, le premier est connoté péjorativement tandis que le second est qualifié positivement. Ainsi, il faut « se serrer la ceinture ». Mais lorsqu’on regarde les chiffres de plus près, surprise, la réalité s’avère bien différente. En effet, selon un rapport du Collectif citoyen de la dette (CAC), 59% de la dette française est purement et simplement illégitime. Pourquoi ? Parce que cette dette n’est pas le fruit d’un emprunt contracté par l’État français pour financer l’économie et ainsi œuvrer à servir à l’intérêt général. Non ! Cette dette est due à une politique extrêmement avantageuse menée en faveur des plus riches. Autrement dit, l’État s’est volontairement privé de rentrées fiscales pour satisfaire la classe des plus riches. Niches fiscales, « boucliers fiscaux » (600 millions d’euros donnés aux plus riches), exonérations d’impôt, baisse de la fiscalité pour les ménages les plus aisés et les grandes entreprises comme Total (qui ne paye pas un centime d’impôt en France) … Autant de cadeaux fiscaux qui ont vidé les caisses de l’État.  Ainsi, la part du PIB lié à ces recettes fiscales a fondu de 5 points, de 22% dans les années 1980, elle est passée à 17% au cours des trois dernières années. Et les dépenses publiques, ont-elles vraiment explosé comme aiment à nous le répéter les prédicateurs dyn002_original_222_294_pjpeg_2597444_87e1b7db4e8804c4eb29222a10a674a0néolibéraux ? Eh bien encore une fois, le système médiatique a menti. Les dépenses publiques ont diminué en part du produit intérieur brut (PIB) passant en moyenne de 22,7% en 1980 à 20,7%. Nous avons ici l’exemple type du genre de politiques économiques qui ont favorisé l’aggravation des inégalités. L’État a donc artificiellement créé les conditions pour qu’émerge une forte inégalité entre les très riches et le reste de la société. Les messagers de la sacro-sainte parole libérale nous avait pourtant assuré que cette politique en faveur des riches profiterait à la population. Résultat ? La France connaît un chômage de masse qui touche plus de 5 millions de personnes et le nombre de travailleurs pauvres ne cesse d’augmenter. Malgré ce cuisant échec, les serviteurs politiques au service de la classe possédante persistent et signent.  Un autre exemple très concret montre comment l’État participe à l’accroissement des inégalités. C’est le cas de l’Angleterre. Les grands patrons, qu’ils soient français, allemands, espagnols appuyés par les médias et les dirigeants politiques ne manquent jamais l’occasion de dénoncer « l’assistanat », les « assistés » autrement dits les chômeurs, les bénéficiaires d’allocations et parfois même les étudiants ou les retraités. Ces gens qui, nous dit-on, « profitent du système », ces personnes qui vivent aux « crochets de la société »… Vraiment, ces individus sont-ils vraiment les assistés du système ? Ne sont-ils pas au contraire les premières victimes de cette société injuste et inégalitaire ? Allons, remettons les choses à l’endroit et un peu d’ordre dans toute cette confusion entretenue par l’oligarchie au pouvoir. Les « assistés », les vrais, ce sont les plus riches, les grandes entreprises, les grandes fortunes, ceux qui vivent grâce à l’État, cet État « prédateur » qu’ils dénoncent quand il intervient dans l’économie et qu’ils vénèrent lorsqu’il sauve les banques de la faillite. En Angleterre donc, l’État investit dans des infrastructures qui profiteront non pas à la population mais au secteur privé. Dans le secteur ferroviaire, la situation est inédite. Depuis que le réseau a été privatisé en 1993, les dépenses publiques ont été multipliées par six ! Le réseau est privatisé mais c’est l’État qui continue à payer les frais d’entretien car les compagnies privées n’investissent pas assez. Entre 2007 et 2011, les cinq principales compagnies ferroviaires ont reçu 3 milliards de livres de l’État. C’est ce qu’on appelle communément se faire « plumer ». Enfin, dernier exemple : l’État exonère annuellement de 88 millions de livres sterling les familles qui envoient leurs enfants dans les écoles privées. Ces écoles étant réservées aux plus riches, les familles aisées bénéficient de la grande générosité de l’État anglais. Pendant ce temps-là, le gouvernement ultra-libéral de David Cameron a décidé de réduire les prestations attribuées aux chômeurs et aux travailleurs. C’est plus de trois millions quatre cents mille personnes qui vivent avec le salaire de subsistance soit 7,20 de l’heure. Les budgets alloués au logement, à la santé ont diminué considérablement. Cette situation où l’État veille au bien-être des riches et néglige le reste de la société a été formulée de la manière suivante par l’écrivain Owen Jones : « socialisme pour les riches, capitalisme pour les autres ».

Que dire également de ce grave phénomène qu’est l’évasion fiscale ? Là aussi, les États font mine de ne rien voir. Pourtant, ils sont en capacité d’agir et de punir ceux qui décident de déposer leur argent dans des paradis fiscaux. On estime qu’en France l’évasion fiscale représente un coût d’environ 60 milliards de dollars par an. Ce serait entre 80 et 100 milliards d’euros en Espagne, sans compter les 40 milliards détournés par la corruption. Au total, ce sont plus de 1000 milliards d’euros qui échappent aux pays de l’Union Européenne. Enfin, les gouvernements occidentaux ont trouvé la solution pour venir en aide aux pauvres : le développement de la philanthropie et de la charité. A défaut de servir l’intérêt général, l’État délègue ces fonctions à des milliardaires comme Bill Gates par exemple. Santé, école, alimentation, ces bienfaiteurs de l’humanité s’occupent des plus démunis. L’État se dirige vers des fonctions régaliennes (sécurité, justice) et laisse la « main invisible » du marché réguler l’économie. On demande à l’État d’intervenir de moins en moins dans la sphère économique tout en comptant sur lui au cas où il faudrait sauver des banques en faillite ou envoyer son arsenal répressif pour tuer de jeunes manifestants pacifiques… L’essor de la charité a également pour but de légitimer la richesse des riches en les rendant indispensable. Voilà comment la société dans laquelle nous vivons s’éloigne de ses responsabilités sociales, économiques pour faire émerger la figure du riche-sauveur et ainsi le légitimer alors que c’est lui le véritable responsable des maux dont souffrent nos économies.

Mondialisation et accroissement des inégalités

Alors bien sûr, on ne peut évoquer le thème des inégalités sans pointer du doigt la 22_egypte_rosanna_narducci_2013_oasis_voyages_voyage_initiatique_spirituel_chamaniquemondialisation. Cette mondialisation sauvage qui crée un fossé toujours plus abyssal entre les pays très développés et les pays les plus pauvres. Prenons deux exemples qui mettent en exergue la fabrication économique, sociale et géographique des inégalités. Premièrement, les délocalisations. Ces dernières ont pour but de transférer les activités d’une entreprise dans un pays où le prix du travail est inférieur et où les matières premières sont moins chères… Ces délocalisations ont certes apporté du travail aux pays concernés mais pour quel salaire ? De véritables salaires de misère, voilà la réalité. Pendant ce temps, l’entreprise ou la multinationale multiplie son coût de revient par 5, 10, 15… L’exemple le plus connu est celui des maquiladoras au Mexique. Ces usines proches de la frontière états-unienne qui produisent jours et nuits des jeans pour la marque Levis, GAP… Un jean coûte peut être à la fabrication 10 dollars, 4 seront donnés au travailleur et le reste pour payer les matières premières. A peine sorti d’usine, il sera exporté vers les États-Unis pour être vendu dans les magasins de New York ou Miami à 70, 80, 90 dollars. L’exploitation du travailleur permet au patron de tirer une marge conséquente et ainsi de faire croître rapidement sa richesse pendant que l’ouvrier lui, n’aura pas assez d’argent pour subvenir à ses besoins les plus élémentaires. Voilà comment se crée l’inégalité entre l’employeur et l’employé. L’appauvrissement du second conditionne l’enrichissement du premier. Et puis, il ne faut pas oublier les salariés qui ont été licenciés dans le pays d’origine afin que l’usine puisse être délocalisée. Ils se retrouvent au chômage pendant que leur ancien patron s’enrichit. Ce dernier rejoignant doucement les 1% et eux glissant sûrement vers les 99%.   Deuxième exemple, les politiques agricoles notamment mises en place aux États-Unis et en Europe, comme la politique agricole commune en vigueur en Europe. Cette dernière subventionne la production agricole mais pas seulement. Elle subventionne aussi les exportations. Une politique qui ne manque pas de créer des désastres économiques et humains. En effet, prenons un agriculteur espagnol qui reçoit des subventions pour exporter ses poulets au Sénégal. Étant donné qu’il a reçu des subventions de la part de l’Union Européenne, il peut se permettre de baisser le prix de son poulet pour ainsi être plus compétitif sur le marché local. Cependant, l’agriculteur sénégalais, lui, n’a pas reçu de subventions, il ne peut donc pas se permettre de baisser le prix de son produit. Mais, pour les consommateurs à faible revenu, il est plus économique d’acheter le poulet européen, moins cher. Conséquence : l’agriculteur africain ne vend plus, il fuit vers la ville pour trouver un emploi et, comme dans la majorité des cas il n’en trouve pas, il décide de prendre le chemin de l’émigration pour venir parfois mourir en méditerranée. C’est encore un exemple qui démontre comment le Nord tente de maintenir certains pays du Sud dans la soumission et la domination. Des politiques injustes et inéquitables qui provoquent de graves conséquences et qui participent au creusement des inégalités entre le Nord et le Sud.

Malheur aux pays du Sud qui osent se développer en toute indépendance…

Dans son célèbre ouvrage, L’ Impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine montre comment le capitalisme, avide de nouveaux territoires, de nouveaux espaces, de nouvelles ressources pour se développer et écouler ses marchandises tente à travers l’exportation de capitaux de conquérir de nouvelles terres et de nouveaux marchés. L’histoire du capitalisme est intimement liée au colonialisme et à sticker-sourisl’impérialisme. En effet, ce sont les ressources naturelles d’Amérique, d’Afrique et d’Asie qui ont permis au capitalisme de voir le jour, ce que Marx a appelé l’ « accumulation originaire ». Les siècles ont passé, les colonies ont acquis leur indépendance mais l’impérialisme, lui, est loin d’avoir disparu. Et les disparités, les inégalités de richesses entre le Nord et le Sud sont la conséquence de ces siècles d’exploitation et de pillage. Les inégalités restent toujours importantes à cause de cet héritage du passé mais également parce que certains pays sont aujourd’hui devenus des néo-colonies. Certes, ils ne sont plus occupés militairement mais l’économie, elle, profite à la bourgeoisie du pays en question et à la bourgeoisie des pays du Nord. Ces inégalités sont la conséquence du pillage des ressources naturelles et des accords de libre-échange extrêmement défavorables aux pays du Sud tels que l’ALENA entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Cette quête des ressources naturelles et énergétiques sont essentielles pour assurer la survie des grandes puissances. C’est pourquoi les gouvernements capitalistes occidentaux sont prêts à tout pour empêcher un pays du Sud de se développer de manière indépendante et autonome. Les puissances occidentales ont tellement été habituées à piller les ressources des pays du Tiers Monde en toute quiétude que lorsque des présidents progressistes, voire révolutionnaires, arrivent au pouvoir pour améliorer la vie de leur peuple, ils sont prêts à tout pour les renverser. L’indépendance économique est perçue comme un crime par les 1%. C’est pourquoi on a tenté de faire tomber Hugo Chavez, Fidel Castro, Evo Morales, Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Gamal Abdel Nasser avec plus ou moins de succès. L’enjeu est clair : soit les pays du Sud se développent de manière souveraine et indépendante et ainsi les inégalités Nord-Sud diminueront, soit les puissances impérialistes continuent à mettre la main sur les ressources naturelles des pays en développement et, là, le fossé risque de grandir à une vitesse phénoménale.

Circulez y’a rien à voir

Il serait intéressant d’analyser le traitement ou plutôt le non traitement médiatique suite au rapport sur les inégalités. En effet, ce rapport a été traité de manière très timide, voire silencieuse, de la part des médias dominants. Quelques annonces et articles dans les JT, à la radio et dans les journaux, et puis plus rien. Pourtant, le sujet est particulièrement grave et mérite qu’on s’y arrête bien plus longuement. Mais rien à faire, l’élite journalistique, corollaire et complice de l’élite économique et financière n’a pas l’air très intéressée par ce sujet, pourtant d’une importance capitale pour l’avenir de l’humanité. On avait connu plus grande indignation de la part des médias… Un constat alarmant sur les inégalités évoqué vite fait bien fait et puis on en parle plus. Pas de véritable débat au sens démocratique du terme, c’est à dire des débats où s’affrontent des pensées, des idéologies et des projets (vraiment) contradictoires. Car en effet, nos médias nous ont plutôt habitués à des simulacres de « débats » où chaque intervenant prend la parole pour dire à la virgule près ce que son « opposant » a affirmé quelques minutes plus tôt. Pas d’édition spéciale non plus. Aucune recherche cascadeapprofondie pour trouver les véritables raisons de ce fossé qui se creuse entre les hyper-riches et le reste de la société.  Au fond, le message des médias est plutôt clair : pourquoi s’attarder sur des sujets auxquels on ne plus pas changer grand-chose ? En effet, les libéraux considèrent presque l’économie comme une science exacte et les problèmes comme les « inégalités » sont quasiment perçus comme des sujets d’ordre « naturel » contre lesquels on ne peut rien. Par conséquent, il est inutile de polémiquer sur ces derniers puisque le cours des choses ne changera pas. Voilà en substance la vision des médias, ces dignes porte-paroles de la classe dominante. Et puis, on peut trouver la raison de ce silence coupable des médias en cherchant à qui appartiennent ces fameux organes de propagande. Et là, on y trouve peut-être une explication.  La plupart des organes de presse appartiennent à de puissants industriels, banquiers et hommes d’affaires. Et, comme par hasard, certains de ces patrons de presse comme M. Dassault, M. Pinault, M.Lagardère ou M.Arnault sont multi milliardaires. Pas étonnant alors que les médias, aux ordres de leurs patrons évoquent subrepticement ces chiffres sur les inégalités. Il ne faut surtout pas donner une mauvaise image des milliardaires. Ne surtout pas montrer comment ces nantis se sont enrichis, en exploitant des travailleurs, en les licenciant pour augmenter leurs profits et parfois en influant sur des gouvernements pour lancer la guerre à un pays et ainsi lui piller ses ressources naturelles. Et puis enfin, ne surtout pas montrer que ces inégalités ne sont pas les fruits du hasard mais que ces dernières sont structurelles et inhérentes au système capitaliste. Dire cela pousserait sans doute plus de citoyens à se poser des questions sur le sujet et ainsi les pousserait éventuellement à la révolte. « Il y a toujours eu des riches, toujours eu des pauvres, la guerre a toujours existé, la faim a toujours existé, c’est comme ça, c’est la vie on n’y peut rien ». Pour résumer, « subissez et fermez-là ». Voilà le constat et les orientations que proposent les « nouveaux chiens de garde ».
Faire face à la résignation

Alors bien sûr, cette situation est loin d’être une fatalité. L’ONG Oxfam qui a réalisé l’enquête a avancé plusieurs pistes afin de lutter contre ces inégalités. Parmi elles, le retour de l’État Providence, un revenu garanti pour les plus pauvres, une lutte acharnée contre l’évasion fiscale, la gratuité des services publics ou encore une plus grande taxation des revenus du capital. Des mesures qui vont bien évidemment dans le bon sens, qui pourraient donner un bol d’air frais à l’économie et qui permettraient ban_trefleégalement de réduire les inégalités. Néanmoins, ces solutions ne sont pas du goût de tout le monde. En effet, pour Nicolas Doze, chef du service économie de la très libérale chaîne française d’information BFMTV, les solutions proposés par l’ONG sont « dogmatiques ». Encore une manière de pousser les gens à la résignation en leur faisant comprendre que des solutions progressistes ou radicales sont bonnes pour la poubelle.  Mais au fait qui fait preuve de dogmatisme ? Les propositions formulées par l’ONG sont-elles vraiment « dogmatiques » ou bien tout simplement réalistes et adaptées à la gravité de la situation ? Taxer plus fortement le capital, c’est être dogmatique maintenant ? Assurer des services publics pour tous, c’est être irresponsable ? Allons, les vraies dogmatiques dans l’histoire ce sont ces fanatiques de la religion libérale qui ne connaissent aucun autre discours que celui qui prône le désengagement de l’État, la suppression des 35 heures et l’autorisation du travail dominical. Et même les échecs patents de leurs politiques ne les font pas changer d’avis. Ils promettent plein emploi et croissance. Résultat, les pays sont en récession et le chômage ne cesse de bondir jour après jour. Mais, pas grave, ils persistent et signent. Si ça, ce n’est pas être dogmatique, il faut alors m’expliquer ce qu’est le dogmatisme. Une chose est sûre dans cette histoire, c’est que les citoyens n’ont strictement rien à attendre des partis dominants, et plus généralement de l’État, en tout cas de cet État. Les responsables politiques ne sont pas la solution, ils sont le problème. Cet Etat, quant à lui, n’est là que pour servir les intérêts de la classe dominante. La classe politique n’étant que la garante institutionnelle et politique de la classe possédante.   Les solutions avancées par l’ONG vont dans le bon sens mais ne doit-on pas être plus radical ? Là est toute la question. La sortie du modèle néolibéral est une urgence absolue, partagée par des millions de citoyens européens. Mais après ? Laisse-t-on au capital le rôle de diriger l’économie ? Doit-on continuer à subir la dictature d’une petite élite parasite qui ne représente personne sinon elle-même ? Après la crise de 2008, Nicolas Sarkozy avait plaidé pour une « moralisation du capitalisme ». Mais peut-on moraliser l’immoral ? Le capitalisme est par essence un système extrêmement violent. Les crises, les bouleversements, les catastrophes qu’il provoque font de lui le principal danger pour la survie même de l’espèce humaine. Réguler le capitalisme est une idée partagée par de nombreuses personnes, mais cela reste une idée largement inoffensive. Ne doit-on pas au contraire confier au travail, c’est à dire aux salariés, aux créateurs de richesses, la gestion même de l’économie ? Et puis n’oublions pas la question centrale de la démocratie. Celle-ci est complètement noyée dans le capitalisme. Elle n’existe pas. La preuve, si elle existait, les richesses seraient déjà beaucoup mieux partagées. Alors voilà, le monde est aujourd’hui à un carrefour essentiel de son histoire. Les bouleversements politiques, économiques, géopolitiques qui jalonnent le monde sont en train de façonner la planète de demain. De grandes puissances sont en déclin, d’autres montent en puissance. De nouveaux acteurs, de nouveaux pays viennent frapper à la porte du concert des nations du monde. Nous avons la chance de vivre la fin d’un monde, la fin d’une époque, la fin d’une hégémonie (occidentale). Reste maintenant à savoir quels chemins nous choisirons pour créer un nouveau modèle de civilisation. Continuerons-nous à suivre ce même système, dans cette même société impitoyable, inhumaine, ou bien dirigerons-nous vers des sociétés plus égalitaires et définitivement libérées du joug de l’argent ? Les inégalités peuvent être des facteurs de fragilisation de la cohésion sociale. Elles peuvent b3da5fcb607fec364b70c46b8a500c80_largeégalement être l’élément déclencheur d’une lutte entre les différentes composantes de la société, lassées d’un système injuste et qui ne les représente pas. Le combat sera long mais il vaut la peine d’être vécu !
Tarik Bouafia
Source : Investig’Action

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vivons les yeux, les oreilles et surtout le coeur ouverts:

 « Plus le mensonge est gros, mieux il passe. » (Joseph Goebbels) ou encore « Un mensonge répété dix fois reste un mensonge ; répété dix mille fois il devient une vérité. » (Adolf Hitler)

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Une autre civilisation s’impose: http://michelcollon.info/Une-autre-civilisation-s-impose.html?lang=fr

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Saïd Bouamama, 5 novembre 2014

La mort de Christophe de Margerie, Président Directeur Général du groupe Total, survenue le 20 octobre 2014 dans un accident d’avion, a été l’occasion d’un concert quasi-unanime de louanges pour l’homme et pour la multinationale qu’il dirigeait. C’est l’occasion pour nous de nous arrêter sur les activités de ce groupe, avant et pendant la présidence de Monsieur de Margerie. C’est également le prétexte que nous saisissons pour revenir sur quelques concepts de base ignorés du discours journalistique : impérialisme, capital financier, etc. Au-delà de la désinformation médiatique mais nous basant sur ces concepts ainsi que sur quelques faits précis, le pétrole et le gaz de Total apparaissent singulièrement tachés du sang des victimes de l’impérialisme français.

« Chaque goutte de pétrole est une goutte de sang »Clémenceau

L’héritage de Total

A entendre nos médias classiques, les louanges à l’égard de Christophe de Margerie sont quasi-unanimes. François Hollande souligne qu’il « défendait avec talent l’excellence et la réussite de la technologie française à l’étranger (1) ». Manuel Valls, Emmanuel Macron et Jean Pierre Chevènement le qualifie de « grand capitaine d’industrie (2) ». Des propos similaires sont tenus à droite par Nicolas Sarkozy, par exemple, qui considère le PDG de Total comme « un homme qui avait apprivoisé la mondialisation (3) » ou au MEDEF par Pierre Gattaz qui salue « le visionnaire (4) », etc.

En prenant la direction du Groupe Total en 2007, Christophe de Margerie a pris la tête d’une multinationale déjà riche d’une longue histoire qu’il n’est pas inutile de rappeler. L’ancêtre de Total est la Compagnie Française de Pétrole créée en 1924 pour l’exploitation du pétrole du Moyen-Orient, qui diversifie progressivement ses activités en les étendant au gaz mais aussi au raffinage, à la distribution et à la chimie, et s’implante dans plus de 130 pays. La Compagnie devient Total-CFP en 1985, puis Total en 1991, Totalfina en 1999 après sa fusion avec Pétrofina et enfin Total-Fina-Elf après fusion avec Elf Aquitaine. La multinationale française fait partie des « majors » c’est-à-dire des six plus grandes compagnies pétrolières privées mondiales. Avec un chiffre d’affaires de 288,88 milliards de dollars et un bénéfice de 11, 20 milliards de dollars en 2013, elle est classée onzième dans le classement des 500 entreprises les plus importantes du magazine Fortune (5). Mais l’héritage de Total ne se limite pas à ces chiffres impressionnants. Il se trouve également dans des événements politiques auxquels Total a été mêlé. Donnons quelques exemples de cet héritage politique en commençant par l’attitude du groupe envers les régimes racistes d’Afrique du Sud et de Rhodésie.

La CFP est présente en Afrique du Sud depuis 1956. Devenue Total-CFP en 1989, la multinationale a des intérêts dans le pays du racisme officiel, dans les secteurs des mines, du charbon, de l’énergie solaire, des chemins de fer, de la distribution d’essence avec un réseau de 700 stations, etc. Elle est en outre fournisseuse de l’armée et de la police sud-africaine. Elle collabore au régime de l’apartheid jusqu’à la chute de celui-ci en lui permettant de contourner l’embargo pétrolier décidé par l’ONU en 1977.

« Les pipe-lines secrets sud-africains transportent bien du pétrole à l’aller, souligne Franck Teruel en 1989, au retour, ils amènent de l’uranium à Pierrelatte via Marseille. Ceci expliquant cela : l’Afrique du sud n’a jamais manqué de pétrole (6) ». Les associations anti-apartheid ciblent directement le groupe Total au cours de la décennie 80. En 1986, Sophie Passebois intitule un dossier spécial d’un titre éloquent : Total : le carburant de l’apartheid (7). Une vingtaine d’associations lancent à la même période une campagne intitulée « Pour le retrait de Total d’Afrique du Sud et de Namibie », dont le texte d’appel précise : « L’Afrique du Sud n’a pas de pétrole : c’est son « talon d’Achille ». Soumise à un embargo pétrolier, elle a besoin de la complicité des compagnies pétrolières occidentales comme Total (8). »

Les profits de Total de cette période sont liés aux crimes de l’apartheid en Afrique du Sud et en Rhodésie.

Au Cameroun, c’est la racine « Elf » de la multinationale que nous retrouvons en action dans la décennie 70. L’assassinat d’Um Nyobe par l’armée française a permis la transition vers un régime néocolonial entièrement inféodé à Paris. Le président Hamadou Ahidjo soutenu par Paris met en œuvre une répression sanglante de 1961 à 1971. La société Elf contrôle le secteur pétrolier et assure un soutien indéfectible au dictateur. « Elf Aquitaine, fauteur de fascisme (9) » titre l’écrivain camerounais Mongo Beti. Le successeur d’Ahidjo, Paul Biya, est aussi porté à bout de bras par la multinationale française. L’ancien directeur des « affaires générales » d’Elf le reconnaît lui-même :

« Un jour, j’étais reçu à la présidence camerounaise par le président Paul Biya. Il avait besoin de 45 millions pour sa campagne. J’étais seul avec lui, ces gars-là, ils ne font confiance à personne. Ils ont besoin de cash et ils ont besoin que ce cash échappe à leur ministre des Finances. C’est pour cela que le groupe Elf monte des off-shore qui échappent à tout contrôle (10) »

La situation est similaire en République du Congo où Sassou-Nguesso est porté à bout de bras par la multinationale. Ce dictateur ne doit son retour au pouvoir en 1997 qu’à une guerre civile de quatre mois entièrement financée par le groupe pétro-gazier. Le journaliste belge David Servenay affirme aussi que « les hommes d’Elf ont financés des trafics d’armes au Congo-Brazzaville (11) ». Le président d’honneur de la fédération des Ligues des Droits de l’Homme est encore plus explicite : « Le pétrole a bâillonné la démocratie. La société Elf, devenue Total, avec l’entier appui complice des autorités françaises, a manœuvré en coulisse pour s’assurer la mise en place d’un pouvoir congolais aussi bienveillant que compromis (12) ». Nous aurions pu également citer la guerre du Biafra et le soutien actif d’Elf à la rébellion (13) ou le Gabon d’Omar Bongo (14)

Au Cameroun, au Congo, au Nigeria ou au Gabon, comme dans beaucoup d’autres pays africains, Total est un faiseur de dictatures et de dictateurs.

La continuité de Christophe de Margerie

La présidence de Christophe de Margerie reste dans la continuité des pratiques antérieures de la CFP et d’Elf. Le soutien à la junte birmane commence avant de Marjorie mais se poursuit avec lui. La junte militaire était pourtant critiquée par l’Organisation Internationale du Travail en 2000 pour la pratique du travail forcé caractérisé comme « une forme contemporaine d’esclavage (15) ». La multinationale est présente en Birmanie depuis la signature en 1992 d’un contrat pour l’exploitation de la nappe de gaz du golfe de Martaban. Elle est également le principal investisseur du pays avec 31,24 % du total des investissements (16). Le groupe pétro-gazier ne nie même pas l’existence de travail forcé à son profit. Le président de son « comité d’éthique » déclare cyniquement en 2001 : « Lorsqu’un cas de travail forcé est porté à notre connaissance, nous nous efforçons d’apporter une compensation (17) ». Avec de Marjorie, la présence de Total se renforce encore. Le 3 septembre 2012, le groupe annonçait « avoir acquis 40 % dans un bloc d’exploration d’hydrocarbures au large de la Birmanie (18) ».

Pourtant le même déclarait en 2007 que « Total ne se retirerait pas de Birmanie » mais « qu’investir dans ce pays aujourd’hui serait une provocation (19). » Il est vrai que, depuis 2011, le gouvernement birman s’est donné une apparence plus présentable par la mise en place d’un « gouvernement civil ». Les militaires continuent d’occuper 25 % des sièges du parlement et de contrôler les secteurs clefs de l’économie. Les profits de Total avant et après la nomination de Christophe de Margerie sentent aussi l’esclavage contemporain.

Au Nigeria, Total développent ses activités par l’expulsion de plusieurs dizaines de milliers de paysans de la communauté EGI de leurs terres dans l’État Rivers (20). Le groupe pétrolier a d’ailleurs été nominé en 2014 par un collectif d’ONG pour le prix Pinocchio avec le commentaire suivant : « Au Nigeria, Total a réussi à imposer son empire en divisant les communautés locales et en multipliant les programmes « RSE », pour mieux cacher le désastre environnemental et l’accaparement de terres que provoquent ses projets pétroliers et gaziers (21). » Le prix est décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en termes d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles. Le groupe pétrolier peut se targuer d’être souvent nominé. Ainsi en 2008, il l’était dans la catégorie « mains sales poches pleines » et « plus vert que vert » et, en 2009, dans la catégorie « « Une pour tous, tous pour moi » et « mains sales poches pleines ». Total, sous la direction de Christophe de Margerie, doit une partie de ses profits à l’expulsion des paysans de leurs terres comme au temps béni des colonies.

Pour sa part, la précipitation du gouvernement français à intervenir en Libye ne peut pas ne pas être mise en lien avec les résultats de la guerre : « Qui était parmi les tout premiers Français à venir début mars à Benghazi encourager les insurgés libyens ? Un représentant de Total. Et l’entreprise peut aujourd’hui se frotter les mains : l’empressement de l’Elysée à reconnaître le CNT, comme à défendre l’intervention militaire, a fait rentrer le groupe dans les bonnes grâces du futur régime » fait justement remarqué le Journal l’Humanité du 24 août 2011.

Le ministre des Affaires Etrangères de l’époque était d’ailleurs limpide sur les réels buts de guerre : « On nous dit que cette opération en Libye coûte cher, mais c’est aussi un investissement pour l’avenir (22). » Enfin le journal Libération se faisait l’écho dans son édition du premier septembre 2011 (23) d’une lettre du Conseil National de transition promettant 35 % du brut libyen à l’État français.

Un pays plongé dans le chaos total et au moins 60 000 morts, voilà le coût des intérêts de Total sous la direction de de Margerie en Libye.

Arrêtons là l’énumération. Nous aurions pu souligner la coïncidence entre la découverte dans le bassin de Taoudenni (Chevauchant l’Algérie, la Maurétanie et le Mali) d’importantes réserves de pétrole et l’intervention française au Mali ou encore la coïncidence entre des contrats signés avec la Chine pour l’exploitation du pétrole centrafricain et l’intervention française dans ce pays. Le journal Le Canard Déchaîné commente ainsi la coïncidence malienne :

« Mais à en croire une source, généralement dans le secret des dieux, le Groupe français, Total, serait en train d’explorer les bassins pétroliers de Taoudéni. Avec « l’autorisation » des autorités maliennes. Du côté du ministère des Mines, le silence est assourdissant. Jugée gênante, la question est balayée du revers de la main.

Partout, la réponse, le même refrain : « Nous ne sommes pas au courant ! ».

Intervenue, militairement, le 11 janvier 2012, pour stopper l’avancée des djihadistes vers le sud, la France se voit attribuer des licences d’exploration, voire d’exploitation, du bassin pétrolier de Taoudéni. Sans débourser le moindre euro. Contrairement aux multinationales dûment mandatées. Et, plus grave, sans en informer les Maliens, propriétaires légitimes de ces gisements. On ne regrette d’avoir choisi la France que lorsqu’il est trop tard !! (24) »

Encore un malien adepte de la théorie du complot, diront les faiseurs d’opinions.

Questions de vocabulaire

Bien sûr Christophe de Margerie n’est pas le cœur du problème. Il n’était qu’un outil compétent au service d’intérêts plus puissants : ceux des actionnaires du groupe Total. Regardons donc de plus près le groupe et ses actionnaires. Il suffit de se souvenir des noms successifs du groupe pétrolier pour saisir le caractère monopolistique de Total. Les fusions successives avec Elf-Aquitaine et avec Pétrofina encouragées par l’État mettent le groupe Total en situation de monopole pour le secteur pétro-gazier français avec, pour l’année 2013, 104 milliards d’euros de capitalisation boursière (première capitalisation du CAC 40), un chiffre d’affaires de 189,542 milliards d’euros et un résultat de 8,44 milliards d’euros (25). La première caractéristique du groupe Total est bien son caractère monopolistique.

Regardons maintenant du côté des actionnaires. Rappelons que la création de la Compagnie Française de Pétrole (CFP), l’ancêtre de Total en 1924, est le fait de la Banque de Paris et des Pays Bas (elle-même ancêtre de l’actuelle BNP-Paribas) qui deviendra ultérieurement Paribas. La première banque française est à la fois un des leaders au monde du négoce de matières premières, et en particulier de pétrole et de gaz, et un partenaire privilégié de Total. Pour entrer dans son capital, le groupe Total conseille aux candidats de s’adresser à son « établissement financier mandataire, BNP Paribas Securities Services (26) ».C’est cette banque que Total mandate lorsqu’elle veut acheter ou vendre un gisement comme en septembre dernier pour la vente du gisement nigérian d’Usan (27).

Les intérêts des deux géants sont indissociables et illustrent ce qu’Hilferding et Lénine appelaient déjà le capital financier c’est-à-dire la « fusion ou l’interpénétration des banques et de l’industrie, voilà l’histoire de la formation du capital financier et le contenu de cette notion (28) ». La première caractéristique du capital de Total est bien d’être un capital financier.

Quant aux profits de Total, ils avoisinent des sommets depuis de nombreuses années : 13,9 milliards d’euros en 2008, 7,8 milliards en 2009, 10,28 milliards en 2010, 12,3 milliards en 2011, 10,7 milliards en 2012. L’utilisation de ces superprofits est elle-même significative. Total a reversé 34 milliards d’euros à ses actionnaires entre 2005 et 2010, soit en moyenne 45 % de ses bénéfices. En outre, le groupe ne paye aucun impôt sur les sociétés en France en 2010 et seulement 900 milliards en 2013. Que ce soit au niveau des montants des profits ou de leurs taux, c’est bien l’exigence d’un profit maximum que posent les actionnaires.

Monopole, capital financier et profit maximum, ces trois caractéristiques ressemblent étrangement à ce que Lénine appelait : l’impérialisme. Il est vrai que l’offensive idéologique des classes dominantes pousse à l’invention d’une novlangue libérale reprise en écho et en chœur par les journalistes des médias traditionnels : classe sociale devient catégorie sociale, conquête sociale se transforme en acquis sociaux et le gestionnaire de l’impérialisme qu’était de Margerie se mute en « capitaine d’industrie ».

Christophe de Margerie n’éveille en nous aucune compassion. Nous assumons de réserver notre tristesse et nos pensées aux multiples victimes de la course effrénée aux profits suscitant les guerres du gaz et du pétrole qui se succèdent les unes aux autres.

Notes :

1) François Hollande, communiqué de la présidence, AFP du 21 octobre 2014.

2) Manuel Valls, communiqué du premier ministre du 21 octobre 2014 ; Emmanuel Macron sur France 2 du 21-10-2014 ; Jean Pierre Chevènement à l’AFP le 21 octobre 2014.

3) Nicolas Sarkozy, BFM-TV du 21 octobre 2014.

4) Pierre Gattaz, communiqué du Medef du 21 octobre 2014.

5) La Tribune du 8 Juillet 2014.

6) Franck Teruel, Les Pipe-lines secrets, in apartheid : anatomie d’un crime d’État, Différences revue du MRAP, n° spécial apartheid, décembre 1989, p.44.

7) Sophie Passebois, Total : Le carburant de l’apartheid,Apartheid Non, N° 64, 1986.

8) Dépliant de la Campagne nationale pour le retrait de Total-CFP d’Afrique du Sud et de Namibie.

9) Mongo Beti, Lila Chouli, Mongo Beti à Yaoundé, Peuples Noirs, Paris, 2005, p. 315.

10) Alfred Sirven, Pasquac’estFouché, Bakchich, 4 août 2008.

11) David Servenay, Le soir de Bruxelles du 20 mars 2001.

12) Patrick Baudouin, préface au livre de Yitzhak Koula, Pétrole et violences au Congo-Brazzaville : les suites de l’affaire Elf, L’Harmattan, Paris, 2006, p. 5.

13) François-Xavier Vershave, Chapitre Biafra pétrolo-humanitaire, La Françafrique : le plus long scandale de la République, Stock, Paris, 1998, pp. 137-153.

14) Pierre Péan, Nouvelles affaires africaines : Mensonges et pillages au Gabon, Fayard, Paris, 2014.

15) BIT Genève, rapport du directeur général, exécution du programme de l’OIT 2002-2003, Genève, 2004, p. 93 et 94

16) Jean claudePomonti, Le monde du 16 novembre 1996.

17) Erich Inciyan et Jean-Claude Pomonti, Kouchner, Total et la Birmanie, Le Monde du 6 janvier 2004.

18) Dépêche de l’AFP du 3 septembre 2012.

19) Christophe de Marjorie, entretien au Monde du 6 octobre 2007.

20) Jean-Philippe Demont-Pierot, Total(e) impunité, Respublica, Paris, 2010. p. 163.

21) Prix Pinochio, Livret de présentation des cas 2014, p. 4.

22) Alain Juppé, déclaration sur RTL, premier septembre 2011.

23) Vittorio de Fillipis, L’accord secret entre le CNT et la France, Libération du premier septembre 2011.

24) Oumar Babi, La France exploite-t-elle le bassin du Taoudéni ?, Le Canard Déchainé du 22 octobre 2014.

25) Consultable sur le site de Total : http://www.total.com/fr/groupe/vue-…

26) Total, Marche à suivre pour devenir actionnaire de Total, consultable sur le site de Total : http://www.total.com/fr/actionnaire…

27) Reuter France du 16 septembre 2014.

28) Lénine, L’impérialisme stade suprême du capitalisme, éditions sociales, Paris, 1969, p. 58.

Source : Investig’Action

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Ne pouvant produire sans épuiser, détruire et polluer, le modèle dominant contient en fait les germes de sa propre destruction et nécessite d’urgence des alternatives fondées sur la dynamique du Vivant. Pierre Rabhi

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Levez vous ! :http://www.youtube.com/watch?v=Vgv-rIqFT0w

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«L’État et les banques, les dessous d’un hold-up historique» par Myret Zaki et Etienne Chouard
http://www.youtube.com/watch?v=TLjq25_ayWM

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LA CRISE ECONOMIQUE….UNE ESCROQUERIE

Il faut rendre à Rothschild ce qui appartient à Rothschild : la dette… Et aux français : leur or ! (in best of actus)

la crise de l escroquerie Posons-nous les questions qui fâchent…

Quelle part de la dette incombe
aux usuriers ? Et qui contrôle notre or ? Rassurez-moi : ce ne sont pas les mêmes ?! L’usure est la principale responsable des souffrances (emploi, famille, éducation, santé,…) et les usuriers les 1ers esclavagistes de nos vies. De tout temps, elle a été considérée comme le premier mal des civilisations.

Tout leader, tout citoyen qui prétend vouloir faire de la politique sans s’être plongé dans le concept de l’usure (création monétaire, endettement, …), gagnerait à préférer faire du jardinage…

  Rendons à Rothschild, la part de la dette qui lui revient : faîtes les comptes…

 

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 C’est sous la présidence de l’ex-Directeur de la banque Rothschild, Georges Pompidou, que la loi du 3 janvier 1973 dite loi « Pompidou-Giscard-Mesmer« (73-7) ou encore appelée « loi Rothschild », fût votée. Elle est directement responsable du service de la dette (plus de 45 milliards € par an pour les seuls intérêts) et conséquemment de cette situation proche du chaos. Michel Rocard lui même, déclarait(*) fin décembre 2012 sur Europe1 que sans cette loi notre dette serait à un niveau « bénin » (« 16 ou 17 % du PIB »).

Pierre_yves_Rougeyron_Enquete_sur_la_loi_3_janvier_1973_jardin_des_livres(*) »La réforme de la Banque de France de 1973 a interdit que celle-ci prête à l’État à taux zéro. L’État est donc allé emprunter avec intérêt sur les marchés privés. Si nous en étions restés au système précédant, qui permettait, répétons-le, à la Banque de France de prêter à l’État à taux zéro, notre dette serait de 16 ou 17 % du PIB, soit bénigne. » (Michel Rocard – décembre 2012 Europe1)   Les statuts actuels de la Banque de France (sous tutelle de la BCE depuis 1997) confortent l’obligation de se soumettre à l’usure des bankstersArt. L. 141-3. Statuts actuels de la BDF – « Il est interdit à la Banque de France d’autoriser des découverts ou d’accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics. » (banque-de-france.fr)

  • A rapprocher de la loi de 1973 (loi 73-7, art.25) : « le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France« . Une simple question : si on emprunte de l’argent qu’ils créent (à partir de rien), mais qu’ils nous demandent ensuite de rembourser AVEC des intérêts que ni eux, ni nous, n’avons créé : Dans ce cas, comment rembourser, sans devoir réemprunter à nouveau ? …  Il est grand temps que la fête s’arrête, vous ne croyez pas ? En attendant, les français consacrent plus de la moitié de l’année pour alimenter le système fiscal qui graisse inutilement la patte aux usuriers (46% prélèvements obligatoires + 20% TVA sur les dépenses des ménages)

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Les impôts et cotisations sociales (hors TVA) , France depuis 1970

 Si vous avez lu et apprécié jusque-là alors vous  pouvez peut-être lire la suite ici : http://bestofactus.wordpress.com/2013/02/21/dette-rendons-a-rothschild-ce-qui-appartient-a-rothschild/

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Le monde selon Monsanto, Marie-Monique Robin, cliquez: http://www.dailymotion.com/video/x5qyje_marie-monique-robin-le-monde-selon_news

 

 

dyn001_small150_300_200_jpeg_2646898_3256eb12b190f75323b71d2bb691322dLe bon côté de la médaille: Je saute d’un continent à l’autre,  j’habite dans l’espace, je marche sur la lune, j’invente l’ordinateur, je réchauffe des continents, je congèle ma nourriture, un robot fait mes labours, je recule la maladie, la vieillesse et la mort, je . . . Et l’autre côté : Bombes nucléaires, analphabétisme, tortures, génocides, y a jamais eu tant de pauvres, tant de fous, tant de faibles, tant de débiles ! Cache ta médaille . . .Félix Leclerc603880_473706902695192_335600580_n

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http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=EnSEQ2W41Fk 016

L’agroécologie est pour nous bien plus qu’une simple alternative agronomique. Elle est liée à une dimension profonde du respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à l’égard du vivant. Pierre Rabhi

Pas coupables mais complices

«Je peux dire enfin qui sont les canailles», répond le Genevois, interrogé sur ce qui le motive à témoigner encore et toujours sur la faim dans le monde. Pour la sortie de la version allemande son livre «Destruction massive. Géopolitique de la faim», Jean Ziegler fait lundi la Une du Tages-Anzeiger. Il dit avoir consigné ce qu’il a appris de 2000 à 2008 comme rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation. «Longtemps j’ai dû me taire, parce que j’étais quotidiennement en contact avec des grands groupes, le Fonds monétaire International, la Banque mondiale et de nombreux chefs d’État», explique le sociologue, qui avoue que son silence lui a été pénible. Il s’est même «souvent senti comme un traître», par exemple en rejoignant les paysans mayas guatémaltèques dans sa grosse Toyota blanche frappée aux armes de l’ONU.
De l’espoir tout de même
«Ces gens très pauvres me regardaient les yeux plein d’espérance et je savais que je ne pouvais pas satisfaire leurs espoirs. Lorsque je leur demandais la seule chose qui puisse les aider, je savais que je n’avais aucune chance de faire passer l’idée d’une réforme agraire et que celle-ci serait balayée trois mois plus tard à New York», note l’ancien professeur et politicien genevois. Jean Zieger dit ne pas être désillusionné pour autant. Son ouvrage, dit-il, est «aussi un livre de l’espoir». Car pour la première fois dans l’Histoire de l’humanité, il serait aujourd’hui possible de nourrir tout le monde. «Le fait qu’un enfant de moins de 10 ans meurt de famine toutes les cinq secondes et que près d’un milliard d’êtres humains sont fortement sous-alimentés relève du massacre». C’est une sorte de «crime organisé», commente-il.
Pas coupables mais complices
Nous ne sommes pas coupables de cette situation dont nous n’avons pas conscience, admet l’ancien conseiller national socialiste connu pour ses positions altermondialistes. «Mais nous sommes complices en tolérant que des multinationales et des spéculateurs décident chaque jour de qui mangera et vivra et de qui aura faim et mourra». Questionné sur ce que nous pouvons faire comme individu, Jean Ziegler répond que l’action politique est plus efficace que de faire des dons ou de restreindre sa consommation de viande, même s’«il y a lieu de s’interroger dès lors qu’un quart des céréales produites sert à engraisser le bétail de boucherie». Il est possible d’agir à l’échelon politique, ajoute-il, «car nous vivons dans une démocratie». «Nous pourrions par exemple faire exclure les non-producteurs et les non-utilisateurs directs de produits alimentaires des bourses aux matières premières.»
Les Chinois comme les Impérialistes du 19e siècle
«Les paysans travaillent dur», répond Jean Ziegler questionné sur les faibles rendements de l’agriculture en Afrique. «Mais ils n’ont aucun soutien: ni irrigation, ni semences, ni bêtes de trait, pas de tracteur, pas de fertilisants de synthèse, rien de rien». «Ils ont un grand savoir-faire», mais plutôt que de les aider, on tire prétexte de ce manque de ressources et de rendement pour les déposséder des terres les plus fertiles, explique Jean Ziegler. «Selon la banque mondiale, on leur a déjà pris 41 millions d’hectares de terres arables». L’arrivée d’investisseurs chinois ne change rien, «au contraire». Ils se comportent en Afrique «comme les Impérialistes occidentaux du 19e siècle». Pour Jean Ziegler, «la Chine est une dictature qui pratique le néo-libéralisme et qui s’est adaptée au mieux au capitalisme prédateur». «Pékin soutient au Soudan une dictature qui mène une guerre abominable contre son propre peuple», ajoute l’ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Ce «uniquement parce qu’ils s’intéressent aux réserves de pétrole». (Newsnet) in médiapart

Les taxes

Voici une conversation entre Colbert, l’un des principaux ministres de Louis XIV et le cardinal Mazarin. (Il y a 4 siècles)Colbert: Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. j aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…
Mazarin: Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’État…, lui, c est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.
Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?
Mazarin : On en crée d’autres.
Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.
Mazarin : Oui, c est impossible.
Colbert: Alors, les riches ?
Mazarin: Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.
Colbert : Alors, comment fait-on ?
Mazarin: Colbert, tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d’un malade) ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser… c’est un réservoir inépuisable. Extrait du « Diable Rouge » Antoine Rault

«We feed the world », le marché de la faim

En quelques mois, les émeutes de la faim se sont multipliées d’un bout à l’autre de la planète. L’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) ne mâche pas ses mots : la hausse des prix des produits alimentaires (55 % en moins d’un an) a, selon elle, « un impact dévastateur sur la sécurité de nombreux peuples et sur les droits de l’homme ».Pourtant, le sommet spécial qu’elle a organisé à Rome, début juin, s’est conclu par un accord a minima : l’engagement a, par exemple, été pris de réduire de réduire de moitié le nombre de personnes qui ont faim d’ici 2015, mais rien n’a été signé sur les biocarburants. Les sommes dégagées sont loin des trente milliards de dollars annuels réclamés par M. Jacques Diouf, secrétaire général de la FAO. Plusieurs associations et certains officiels n’ont pas caché leur déception. Le documentaire We feed the world. Le marché de la faim, d’Erwin Wagenhofer permet de comprendre les causes profondes de cette crise alimentaire. L’enquête que le journaliste autrichien a menée à travers le monde explique comment, alors que tous les experts reconnaissent que la planète est capable de nourrir l’ensemble de ses habitants, la famine et la misère rurale persistent. Il se livre à une démonstration implacable et pédagogique des logiques économiques expliquant un désastre qui pourrait être empêché. Les reportages et les analyses éclairent notamment le lien entre la faim dans le monde et la nourriture produite pour l’Europe ou les autres pays riches. L’auteur invite les « consommateurs » que nous sommes — « ceux dont l’argent est convoité par l’industrie alimentaire » — à s’informer et à repenser leurs habitudes de consommation. We feed the world. Le marché de la faim, d’Erwin Wagenhofer. Allegrofilm produktion, Vienne, 96 minutes, distribution Zootrope Films et les Editions Montparnasse, Paris, 2008.   http://www.dailymotion.com/video/x4fhgh_we-feed-the-world-le-marche-de-la-f_news

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Nous coûtons moins cher…
Des Etats-Unis au Burkina Faso, de l’Inde à la République dominicaine, dès l’âge de six ans, des enfants sont employés dans les exploitations agricoles, vestimentaires, aurifères… Ployant sous des sacs de gravats, de briques, ou de légumes… Se faufilant dans les mines de mica, en Inde, dans des tunnels si profonds qu’on « n’y entend rien », comme le confient des jeunes. Ou épuisés à trier du verre, inlassablement, dans les usines de bracelets, ou encore harassés par un labeur sans fin dans des ateliers de broderie indiens… En Caroline du Nord aussi, où des enfants de travailleurs illégaux mexicains sont recrutés pour la cueillette du piment. Dans son film Enfants forçats (1), le réalisateur Hubert Dubois recueille avec pudeur leurs témoignages, leurs espoirs — l’accès à l’éducation, la possibilité d’un travail —, soulignant leur lucidité, lorsque, interrogés sur la raison de leur embauche, ils répondent : « nous coûtons moins cher ». Enlevés, vendus, ces enfants corvéables à merci et payés chichement sont les victimes de patrons mafieux et d’entreprises « non concernées » travaillant pour des marques telles que Calvin Klein, Kohinoor… L’unique issue hors du cycle de l’esclavage, pour cette enfance prise en otage, repose sur le concours d’organisations non gouvernementales (ONG) comme Global March Against Child Labour, dirigée par Kailash Satyarthi, fondateur de l’ONG indienne Bba, un des principaux leaders de la responsabilisation de grandes marques internationales qui est à l’initiative d’actions choc menées pour venir au secours de jeunes séquestrés par leurs employeurs. Ces interventions d’une rare violence, Hubert Dubois les a filmées en Inde : les activistes y sont lynchés à mort alors qu’ils tentent de soustraire les enfants à leurs patrons. « Chaque jour est important, dans la vie d’un enfant », précise Satyarthi : « Si on ne les libère pas, c’est autant de jours perdus dans leur vie. » D’autres ONG, comme l’association Anape, au Burkina Faso, vont à la rencontre d’adolescents pour leur proposer une alternative au travail sur les sites aurifères ou à la mendicité. Ainsi ce petit Touareg, contraint de mendier dans les rues de Ouagadougou pour subvenir aux besoins de sa famille, et qui part de chez lui chaque matin comme s’il allait travailler : « Je gagne deux euros par jour. Mais parfois rien. » A la question : « Aimerais-tu étudier ? », il répond : 463323_10150763721914642_329115514641_9390021_49919347_o« Oui ! Mais cela n’est possible que si mes parents sont aidés ». Ou tel autre, âgé de dix ans, déclarant gagner huit euros par an à piler de la terre sur une mine d’orpaillage.  En 1998, la marche mondiale des enfants vers l’ONU, à Genève, organisée pour réclamer l’adoption de la Convention 182 sur le travail infantile, a marqué une date symbolique dans ce combat. Mais, selon Hubert Dubois, on assiste actuellement à une régression laissant peu de chances de voir se réaliser l’objectif de 2016 — l’échéance donnée aux Etats signataires pour éradiquer les pires formes d’exploitation des enfants. « L’illettrisme engendre la pauvreté ; le meilleur investissement est donc l’éducation », insiste Sathyarti. « Or le monde ne dépense pas assez pour l’éducation des enfants : le combat contre le travail des enfants, le combat contre l’illettrisme, et le combat contre la pauvreté, doivent être menés ensembles!» Dominique Godrèche, 15 mai 2012

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Le Cambodge, vivier d’esclaves

Ce type d’esclavage existe toujours un peu partout dans le monde y compris parfois dans  les beaux quartiers des sociétés modernes occidentales.  Il semble assez fréquent dans les pays du golfe, les émirats, en Chine… voici une description succincte de ce qu’endurent de jeunes cambodgiennes en Malaisie…. Elles sont recrutées pour être domestiques et rêvent d’une vie meilleure. Mais quand elles arrivent en Malaisie, certaines Cambodgiennes plongent en enfer. Si elle terminait trop vite son boulot, sa patronne lui faisait tout recommencer. Mais si elle ne travaillait pas assez vite, « madame » l’insultait, la battait, lui tirait les cheveux et la bombardait avec tout ce qui lui tombait sous la main. Elle était à peine nourrie et ne dépassait jamais les quatre heures quotidiennes de sommeil. Elle ne pouvait évidemment se plaindre à personne puisqu’elle ne sortait pas de la maison. Cerise sur le gâteau : durant les deux ans qu’a duré cet enfer, Chain Channi * n’a jamais reçu de salaire. « Chaque mois, on me faisait signer des papiers. Je n’avais pas le choix, je signais, mais je ne sais pas de quoi il s’agissait », confie la jeune fille, tout juste âgée de 18 ans, qui n’a jamais appris à lire ni à écrire. On connaissait le calvaire des employées de maison asiatiques au Moyen-Orient. Un copieux rapport qu’a récemment consacré Human Rights Watch aux travailleuses cambodgiennes en Malaisie fait monter l’horreur d’un cran. Le cauchemar démarre à l’instant où elles se laissent séduire par l’un des agents de placement qui sillonnent les villages du Cambodge, pays parmi les plus pauvres du Sud-Est asiatique, où seulement 12 % des femmes (et 21 % des hommes) accèdent au lycée, et où un tiers de la population vit avec moins de 50 centimes d’euro par jour. Les recruteurs promettent un salaire mensuel de 100 à 150 euros, une fortune, offrent aux familles un ou deux sacs de riz, quelques dizaines de dollars, un téléphone, un mouton. Les femmes engagées atterrissent dans les camps de formation où, dormant à même le sol, partageant une douche et un W.-C. à deux cents ou trois cents, elles apprennent à la dure, en deux ou trois mois, les rudiments du métier de domestique. Elles découvrent par la même occasion que les « cadeaux d’embauche » n’en étaient pas, puisqu’elles devront les rembourser au prix fort, de même qu’il leur faudra payer la session de formation. Bref, 800 à 1 000 euros à débourser si elles abandonnent. Et si elles continuent ? Il leur faudra tout de même rembourser leur « dette » : elles travailleront donc gratuitement les six ou sept premiers mois, commenceront à encaisser un salaire une fois le « passif » épuré. Et si elles s’enfuient ? La femme de Sok Sena l’a fait : « Le représentant de la société s’est pointé. Il m’a dit que si elle ne revenait pas, il vendrait ma maison aux enchères. Et si l’enchère n’est pas suffisante, ils m’arrêteront et me mettront en prison », se désespère-t-il.  Direction donc la Malaisie où, depuis 2008, quarante mille à cinquante mille Cambodgiennes se sont laissées embarquer, parmi lesquelles des mineures auxquelles ont été fournis des papiers d’identité trafiqués, avec la complicité des autorités légales. « Je me réveillais à 4 heures, je nettoyais la maison, lavais les deux voitures, donnais le bain aux enfants. Puis mon employeur m’emmenait à son bureau où je faisais le ménage, ensuite chez sa mère où je travaillais jusqu’à 21 heures, puis je retournais à la maison où j’assurais le service jusqu’à 2 heures. Mais ils me disaient que j’étais paresseuse et ne me donnaient pas à manger. Au moins deux ou trois fois par semaine, je dormais le ventre vide. Et je n’ai jamais reçu de salaire », se souvient Nhon Yanna, 16 ans pile quand elle a démarré son contrat. Mais à qui se plaindre ? A l’agence de recrutement ? C’est elle qui met en place le système. Aux autorités malaisiennes?  Elles ont exclu les travailleuses migrantes du droit du travail, ne leur accordent ni jour de congé hebdomadaire, ni vacances annuelles, ni limitation des heures de travail. Et, comme ce fut le cas pour Chey Srey Lina, elles ramènent les fugueuses chez leurs patrons, sans demander plus d’explications. Aux autorités cambodgiennes ? « Le Cambodge est réticent à fournir les protections, même les plus fondamentales, aux migrantes », note Jyotsna Poudyal, chercheuse à Human Rights Watch, qui a réussi à mettre au jour les rouages de la complicité entre la police et les agences de recrutement. Alors il y a celles qui ne reviennent jamais. Enfuies ? Mortes ? Depuis septembre 2009, Rous Mliss n’a plus de nouvelles de sa petite-fille, Kaom, et l’agence se contente de lui dire : « Ne cherchez pas à la joindre, elle va bien. » En décembre de la même année, Sourn Chhoeun est partie en confiant ses trois enfants à des proches et en promettant de leur transférer quelques sous. Plus de nouvelles non plus. Une ONG locale, Tenaganita, a reçu les dossiers de vingt-cinq disparues, mais estime qu’il y en a certainement beaucoup plus. Mortes de maltraitance. Mortes d’indifférence. Djénane Kareh Tager

Le puits sans fond afghan

Dans le monde orwellien que dessine l’Otan, les guerres sont des processus permettant de transférer les richesses des peuples vers les tiroirs-caisses des multinationales de l’armement. Cet argent permettra d’acquérir les médias du «monde libre», qui assureront alors la promotion de la guerre en inventant des motifs humanitaires et en cachant les objectifs économiques. Étranges démocraties, où les peuples sont informées sur les conflits par ceux-là même qui y ont intérêt…… Et l’an dernier, selon les chiffres officiels, les avions USA/Otan ont effectué 35 000 missions d’attaque sur l’Afghanistan. On ne s’étonnera donc pas que les États-Unis à eux seuls aient dépensé jusqu’ici, pour cette guerre, environ 550 milliards de dollars. Un puits sans fond, qui continuera à engloutir des milliards de dollars et d’euros…A Kaboul H.Clinton a annoncé la bonne nouvelle : « J’ai le plaisir d’annoncer que le président Obama a officiellement désigné l’Afghanistan comme plus grand allié non-Otan des États-Unis ». Ceci signifie que ce pays a acquis le statut dont jouit Israël et que, sur la base de l’ « Accord de partenariat stratégique », les USA s’engagent à garantir sa « sécurité ». Selon des fonctionnaires de l’administration, les USA conserveront en Afghanistan 10 à 30 000 hommes, surtout des forces spéciales, flanqués de compagnies militaires privées. Et ils continueront à utiliser en Afghanistan leur propre force aérienne, y compris les drones d’attaque….Le « plus grand allié non-Otan » recevra de l’Otan une aide militaire de plus de 4 milliards de dollars annuels. L’Italie, qui s’engage à verser 120 millions annuels, continuera à fournir, selon les mots du ministre de la défense Di Paola, « assistance et support aux forces de sécurité afghanes ». Le gouvernement afghan recevra en outre, comme décidé à la conférence des « donateurs » de Tokyo, 4 autres milliards annuels pour les « exigences civiles ». Et dans ce domaine aussi, a déclaré le ministre des affaires étrangères Terzi, « l’Italie accomplira sa part ». Selon la motivation officielle, on aidera de cette façon la « société civile afghane ». Ce qui traduit dans les faits signifie que chaque dollar et chaque euro, dépensé officiellement à des fins civiles, sera utilisé pour renforcer la domination militaire USA/Otan sur ce pays….Un pays dont la position géographique est de première importance stratégique pour les puissances occidentales et leurs groupes multinationaux, qui avancent de plus en plus vers l’est, en défiant la Russie et la Chine. Pour convaincre les citoyens étasuniens et européens, lourdement touchés par les coupes dans les dépenses sociales, qu’il convient de prélever d’autres milliards de dollars et euros des caisses publiques pour les destiner à l’Afghanistan, on raconte qu’ils servent à apporter de meilleures conditions de vie au peuple afghan, en particulier aux femmes et aux enfants. C’est la fable qu’Hillary Clinton a racontée, accompagnée par le gazouillis des petits oiseaux de Kaboul et par le chœur de ceux qui jouissent de toute cette largesse. Manlio Dinucci, R.V / 14 juillet 2012

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