EMOTIONS

Sans émotions, il est impossible de transformer les ténèbres en lumière et l’apathie en mouvement. C.G.Jung

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« Le deuil peut prendre soin de lui-même mais pour obtenir la pleine valeur de la joie tu dois avoir quelqu’un avec qui la partager ». Mark Twain

 

« Nous nous étions enfin rencontrés. On chemine longtemps côte à côte, enfermé dans son propre silence, ou bien l’on échange des mots qui ne transportent rien. Mais voici l’heure du danger. Alors on s’épaule l’un l’autre. On découvre que l’on appartient à la même communauté. On s’élargit par la découverte d’autres consciences. On se regarde avec un grand sourire. On est semblable à ce prisonnier délivré qui s’émerveille de l’immensité de la mer.»A. de St Exupéry

La Maison d’Hôte
Être humain comme une maison d’hôte,
Chaque matin une nouvelle arrivée.
Une joie, une dépression, une mesquinerie,Rumi
Une prise de conscience momentanée vient,
Comme un visiteur inattendu.
Accueille-les tous !
Même une foule de chagrins,
Qui balaye violemment ta maison,
Et la vide de ses meubles,
Pour autant traite chaque hôte honorablement.
Il se pourrait qu’il fasse de la place
Pour quelque nouveau délice.
La pensée sombre, la honte, la méchanceté,
Ouvre-leur la porte en riant,
Et invite-les à entrer.
Sois reconnaissant pour celui qui vient,
Parce que chacun a été envoyé
Comme un guide de l’au-delà.
Djalal al-dîn Rûmi – Poète mystique soufi,(1207 – 1273)3254les masques:  http://www.youtube.com/watch?v=PXwGGbnvlYg  2006-01-24-00-38-17

La peste, la peur et la mort
Un chef de caravane en plein milieu du désert croisa sur sa route le nuage de la peste. – Où vas-tu comme ça, lui demanda le chef ?evacuer-peurs-L-1 – A Bagdad ! J’ai mille vies à prendre, lui répondit la peste sans s’arrêter !
Quelques semaines plus tard, le chef de la caravane croisa à nouveau le nuage de la peste. – Dis-donc, lui lança le chef caravanier, je reviens de Bagdad ! C’est pas mille mais dix milles personnes que tu as emportées !
– Moi je n’ai tué que mille personnes comme il me l’a été ordonné, rétorqua la peste! Les autres sont mortes de peur! (conte soufi)

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Dans le dénuement, la force sommeille.    Voici un enfant extraordinaire. Cet enfant est un soleil. Authenticité, vulnérabilité, tendresse, amour : quelle puissance!  Lou, je m’appelle Lou   http://www.youtube.com/watch_popup?v=VumaWumENEk

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Le rire, la danse et la joie sont les trois archanges qui nous conduisent vers Dieu.  Nikos Kazantzakis 

La joie

Oh ces larges beaux jours dont les matins flamboient !
La terre ardente et fière est plus superbe encor
Et la vie éveillée est d’un parfum si fort
Que tout l’être s’en grise et bondit vers la joie.    bebe8

Soyez remerciés, mes yeux,
D’être restés si clairs, sous mon front déjà vieux,
Pour voir au loin bouger et vibrer la lumière ;
Et vous, mes mains, de tressaillir dans le soleil ;
Et vous, mes doigts, de vous dorer aux fruits vermeils
Pendus au long du mur, près des roses trémières.

Soyez remercié, mon corps,
D’être ferme, rapide, et frémissant encor
Au toucher des vents prompts ou des brises profondes ;
Et vous, mon torse droit et mes larges poumons,
De respirer, au long des mers ou sur les monts,
L’air radieux et vif qui baigne et mord les mondes,

Oh ces matins de fête et de calme beauté !
Roses dont la rosée orne les purs, visages,
Oiseaux venus vers nous, comme de blancs présages,
Jardins d’ombre massive ou de frêle clarté !

A l’heure où l’ample été tiédit les avenues,
Je vous aime, chemins, par où s’en est venue
Celle qui recélait, entre ses mains, mon sort ;
Je vous aime, lointains marais et bois austères,
Et sous mes pieds, jusqu’au tréfonds, j’aime la terre  252602_354612574607516_543704051_n
Où reposent mes morts.

J’existe en tout ce qui m’entoure et me pénètre.
Gazons épais, sentiers perdus, massifs de hêtres,
Eau lucide que nulle ombre ne vient ternir,
Vous devenez moi-même étant mon souvenir.

Ma vie, infiniment, en vous tous se prolonge,
Je forme et je deviens tout ce qui fut mon songe ;
Dans le vaste horizon dont s’éblouit mon oeil,
Arbres frissonnants d’or, vous êtes mon orgueil ;
Ma volonté, pareille aux noeuds dans votre écorce,
Aux jours de travail ferme et sain, durcit ma force. 

Quand vous frôlez mon front, roses des jardins clairs,
De vrais baisers de flamme illuminent ma chair ;
Tout m’est caresse, ardeur, beauté, frisson, folie,
Je suis ivre du monde et je me multiplie
Si fort en tout ce qui rayonne et m’éblouit
Que mon coeur en défaille et se délivre en cris.

Oh ces bonds de ferveur, profonds, puissants et tendres
Comme si quelque aile immense te soulevait,
Si tu les as sentis vers l’infini te tendre,
Homme, ne te plains pas, même en des temps mauvais ;
Quel que soit le malheur qui te prenne pour proie,
Dis-toi, qu’un jour, en un suprême instant,
Tu as goûté quand même, à coeur battant,
La douce et formidable joie,
Et que ton âme, hallucinant tes yeux
Jusqu’à mêler ton être aux forces unanimes,
Pendant ce jour unique et cette heure sublime,
T’a fait semblable aux Dieux.    Émile VERHAEREN   (1855-1916)

 

Impure est cette émotion qui s’empare d’un seul aspect de votre être et vous déforme. Rainer Maria Rilke

 

Tristesses
Presque toutes nos tristesses sont, je crois, des états de tension que nous éprouvons comme des paralysies, effrayés de ne plus nous sentir vivre. Nous sommes seuls alors avec cet inconnu qui est entré en nous, pouvant vous être de quelque secours ou utilité. De grandes et multiples tristesses auraient donc croisé votre route et leur seul passage, dites-vous, vous a ébranlé. De grâce, demandez-vous si ces grandes tristesses n’ont pas traversé le profond de vous-même, si elles n’ont pas changé beaucoup de choses en vous, si quelque point de votre être ne s’y est pas proprement transformé. Seules sont mauvaises et dangereuses les tristesses qu’on transporte dans la foule pour qu’elle les couvre. Telles ces maladies négligemment soignées et sottement, qui ne disparaissent qu’un temps pour reparaître ensuite plus redoutables que jamais. Lettres à un jeune poète; Rainer Maria Rilke

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Chanson d’automne                                          481159

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
Paul VERLAINE   (1844-1896)

Il pleure dans mon cœur

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie, lake-balkal-russie
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine !
Paul Verlaine, Recueil : Romances sans paroles

 Recueillement
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :emotions-170713_L
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d’eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s’endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l’Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
Charles Baudelaire

L’amour
Ne cherchez pas la vérité, cherchez d’abord à vous purifier. Quand l’amour habite le cœur, plus rien ne paraît difficile et tout ce qui nous arrive nous est profitable. Grâce à l’amour, le voile qui nous sépare de la Réalité devient de plus en plus ténu, Cette proximité nous plonge dans une joie profonde et on est envahi par la perception de la beauté. Si Hamza Al Quadiri (sage soufi)30

 

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